La Banque centrale chinoise (PBOC) a abaissé hier le taux de référence du yuan face au dollar à son plus bas niveau en quatre ans. La PBOC a fixé à 6,4358 yuans pour un dollar, soit au plus bas depuis août 2011, le taux-pivot autour duquel le renminbi (autre nom du yuan) est autorisé à fluctuer face au billet vert, dans une marge de 2 % de part et d'autre.
L'institution semble ainsi modérer ses interventions sur le marché des changes après la décision cruciale du Fonds monétaire international (FMI), le 30 novembre, d'inclure la monnaie chinoise dans le panier de devises servant à fixer la valeur des droits de tirage spéciaux (DTS) – l'actif de réserve international du Fonds.
Confrontée aux pressions à la baisse sur le yuan, sur fond de conjoncture économique morose, la Chine était fortement intervenue ces derniers mois pour soutenir sa monnaie à coups d'achats massifs de dollars, de sorte que ses colossales réserves de changes ont fondu en novembre à leur plus bas niveau en trois ans, à 3 438 milliards de dollars. Mais cette semaine, le yuan a reculé d'environ 0,8 % : il s'agit de son plus fort repli hebdomadaire depuis la dévaluation surprise décidée par Pékin en août dernier.
« De fait, nous n'avons constaté aucune grosse intervention cette semaine », possible signe que « la PBOC est prête à accepter une dépréciation du yuan » , soulignait Tommy Xie, économiste de Oversea-Chinese Banking, cité par l'agence Bloomberg. Mais la PBOC « pourrait être de nouveau à la manœuvre après la décision la semaine prochaine de la Réserve fédérale américaine (Fed) », qui devrait relever ses taux directeurs, avertissait-il.
En rendant les placements en dollars plus attractifs, ce relèvement pourrait accélérer les flux de capitaux hors de Chine et donc accentuer la pression sur le yuan. À l'inverse, la Fed pourrait aussi « fournir le parfait prétexte » à la Chine pour réduire ou cesser ses interventions sur les changes, en laissant le yuan reculer de lui-même sans que Pékin soit accusé de dévaluation agressive, soulignait David Woo, expert de Bank of America, cité par Bloomberg.
(Source : AFP)


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