Archives AFP
Les cours du pétrole ont nettement baissé hier sous le coup d'un rapport jugé défavorable de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), pour conclure une semaine de déclin continu à leurs plus bas niveaux depuis presque sept ans.
Le cours du baril de Light Sweet Crude (WTI) pour livraison en janvier a cédé 1,14 dollar à 35,62 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) et a ainsi, comme toutes les autres séances de la semaine, terminé à un nouveau plus bas depuis février 2009. Il a perdu près de 11 % depuis une semaine.
Au moment de la clôture du Nymex, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier cédait 1,81 dollar (-4,56 %) à 37,92 dollars sur l'Intercontinental Exchange de Londres, après avoir frôlé plus tôt un creux de près de 11 ans. L'or noir a effacé une partie de ses pertes après des données, compilées par Baker Hughes, montrant que le nombre de puits forés aux États-Unis avait reculé cette semaine, revenant à un plus bas depuis avril 2010.
Déséquilibre
Il s'agit du second repli hebdomadaire de suite de ces deux cours de référence. Depuis le début du mois, le WTI est en baisse de 14,5 % après avoir cédé 10,6 % en novembre. Le Brent est en repli de 14,8 % (-10 % en novembre).
« Le marché continue de chercher un plancher, a résumé pour l'AFP Gene McGillian, de Tradition Energy. Les prix restent plombés par la décision de la semaine dernière de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de ne rien changer à leur politique et de continuer à produire autant de pétrole qu'ils le peuvent malgré un profond déséquilibre entre l'offre et la demande. »
Alors que la surabondance d'or noir règne toujours dans le monde, le cartel a carrément décidé en fin de semaine dernière de ne plus se fixer d'objectifs chiffrés de production, et ce choix a pesé toute la semaine sur le marché pétrolier.
« Aujourd'hui, l'AIE a dit s'attendre à ce que les cours restent déprimés en 2016 à cause de la politique de l'Opep, ce qui a poussé de nouveaux investisseurs à passer à la vente », a noté M. McGillian. Dans son rapport mensuel, l'AIE, qui est basée à Paris et liée à l'Organisation de coopération et de développement économiques, a maintenu sa prévision selon laquelle la production de l'Opep augmenterait encore de 1,2 million de barils par jour (mb/j) l'an prochain, ce que ne compenserait pas une baisse de 600 000 b/j hors du cartel. De plus, l'AIE a prévenu qu'au niveau de la demande, les effets positifs de la baisse des prix, qui ont chuté fin 2014 et ont depuis échoué à rebondir, commençaient à s'atténuer, avec un ralentissement de la consommation déjà important fin 2015.
Autre annonce défavorable, « la Russie a déclaré qu'elle s'attendait à ce que le prix du baril de pétrole reste inférieur à 60 dollars pendant au moins sept ans, et cela contribue largement au pessimisme du marché », a rapporté Phil Flynn, de Price Futures Group, cité par l'AFP.
(Sources : agences)

