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Moyen Orient et Monde

Discussions périlleuses à Riyad pour une opposition syrienne fragmentée

Conflit

Le rassemblement vise à unifier les positions des rebelles en vue d'éventuelles négociations.

OLJ
09/12/2015

Une centaine de représentants de l'opposition politique et armée syrienne y compris des islamistes radicaux entament aujourd'hui à Riyad des discussions visant à unifier leurs positions en vue d'éventuelles négociations avec le régime de Bachar el-Assad. Ce rassemblement est sans précédent depuis le début en 2011 du conflit en Syrie qui a fait plus de 250 000 morts et poussé à l'exode des millions de personnes.
Le début de la réunion avait été initialement annoncé pour hier, mais finalement celle-ci ne commencera qu'aujourd'hui à Riyad où continuent d'arriver les délégations. En sont exclues les organisations qualifiées de « terroristes » comme les jihadistes rivaux du groupe État islamique (EI) et du Front al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda. Les groupes kurdes n'ont pas non plus été invités et ont organisé en Syrie avec d'autres groupes de l'opposition une réunion parallèle sur l'avenir politique du pays. Des dizaines de représentants kurdes, arabes et assyriens étaient réunis à al-Malikiyah (Nord-Est) pour affirmer qu'ils « méritaient » plus que d'autres de participer à l'élaboration d'un scénario de transition politique dans le pays ravagé par la guerre. Le puissant groupe Jaich al-Islam, soutenu par l'Arabie saoudite, a en revanche annoncé qu'il serait présent à Riyad.
Environ 20 membres de la Coalition nationale syrienne, la principale composante politique de l'opposition basée à Istanbul, doivent participer aux réunions qui coïncideront avec le sommet annuel des monarchies du Golfe prévu à partir de mercredi, également à Riyad.

Résultats concrets
La réunion, qui s'ouvrira ce matin et durera deux jours, sera axée sur les contours d'un règlement du conflit, ainsi que sur la lutte antiterroriste, un possible cessez-le-feu et la reconstruction, a indiqué un participant. Un communiqué final sera publié demain.
Le royaume saoudien qui soutient la rébellion face au régime Assad espère des résultats concrets. Il a déclaré offrir « toutes les facilités possibles » pour permettre à l'opposition syrienne de parvenir, « de manière indépendante », à une plate-forme commune en vue d'éventuelles négociations avec le régime syrien.
Réunis en novembre à Vienne, des diplomates de 17 pays ont fixé un calendrier qui prévoit une rencontre d'ici au 1er janvier entre représentants de l'opposition syrienne et du régime, avant un cessez-le-feu, la formation d'un gouvernement de transition dans les six mois et l'organisation d'élections d'ici à 18 mois.
La prochaine réunion internationale pourrait se tenir le 18 décembre à New York.
Selon Charles Lister, expert qui collabore au Brookings Doha Center, les rencontres de Riyad vont tenter d'« établir une structure politique unifiée entre l'opposition politique reconnue et l'opposition armée ».
L'objectif est de parvenir à « une position claire et commune concernant l'avenir de la Syrie, la transition et (le sort de) Bachar el-Assad », a déclaré Samir Nashar, membre de la Coalition nationale à l'AFP. Mais il a dit « redouter que certains participants proches des pays soutenant le régime de Damas (...) ne réclament le maintien de Bachar durant la transition, ce qui risque de mettre en péril la réunion ».
Des groupes soutenus par les États-Unis, l'Arabie saoudite et le Qatar exigent un départ rapide de M. Assad, une condition rejetée par l'Iran et la Russie, alliés du régime. Dans le même temps, l'opposition, basée en Syrie et tolérée par le régime, affirme que le sort de M. Assad doit être décidé par le peuple syrien.
Haytham Manna, cofondateur de la Conférence du Caire des opposants syriens de l'intérieur et de l'extérieur, a dit que son mouvement s'était retiré des discussions de Riyad en raison de l'invitation envoyée à Ahrar al-Cham, allié, selon lui, à une branche d'el-Qaëda. Considéré comme le groupe le plus puissant après l'EI et al-Nosra, Ahram al-Cham a refusé d'indiquer s'il faisait partie ou non des invités.

(Source : AFP)

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