Le gendarme des transactions boursières du Japon (SESC) a préconisé hier une amende de 7,37 milliards de yens (59,65 millions de dollars) à l'encontre du conglomérat Toshiba qui s'est rendu coupable de malversations comptables.
Il s'agit du montant le plus élevé jamais demandé par la Commission japonaise de surveillance des transactions et placements (SESC) à l'Agence des services financiers (FSA), chargée de se prononcer en dernier ressort. « Cette recommandation s'appuie sur les conclusions de l'enquête » qui a mis en cause cinq ex-dirigeants (3 PDG successifs, 2 directeurs financiers) pour des falsifications comptables effectuées au sein du groupe entre 2008 et 2014, a indiqué la commission dans un communiqué. Selon la chaîne publique NHK et d'autres médias, le régulateur boursier étudie également la possibilité de poursuites pénales contre les intéressés.
La direction actuelle de Toshiba avait pour sa part annoncé début novembre un recours en justice contre ces cinq anciens salariés. Via une plainte déposée auprès d'un tribunal de Tokyo, le groupe entend leur réclamer la somme totale de 300 millions de yens (2,38 millions de dollars). Ce montant pourrait être élevé à 1 milliard de yens (8,1 millions de dollars) en cas de découverte de falsifications plus importantes que celles actuellement mises au jour. Sont visés Hisao Tanaka (qui avait démissionné de ses fonctions de PDG cet été), Norio Sasaki et Atsutoshi Nishida (ses deux prédécesseurs directs), et deux ex-directeurs financiers, tous considérés comme ayant eu une « lourde responsabilité » dans cette affaire de dissimulation de pertes dans le but de gonfler les bénéfices entre 2008 et 2014. Au total, le résultat net sur l'ensemble des années concernées a été surévalué de 155 milliards de yens (1,19 milliard de dollars), et de 225 milliards de yens sur le solde avant impôts, selon les chiffres communiqués par la firme. Des centaines d'actionnaires, qui se sont sentis floués alors que l'action s'est effondrée en Bourse depuis la révélation du scandale début avril, ont également prévu de déposer plainte.
Toshiba, conglomérat dont les activités vont des circuits intégrés aux réacteurs nucléaires en passant par les PC, TV, produits d'électroménager, va devoir procéder à des restructurations, alors que la mauvaise santé de certaines activités apparaît désormais au grand jour.
(Source : AFP)

