Sepp Blatter (à gauche) est maintenant incriminé dans l’affaire ISL, datant des années 1990, par une lettre de son prédécesseur Joao Havelange. Le FBI a ouvert une enquête à ce sujet. Fabrice Coffrini/AFP
Cette semaine s'annonce agitée pour la Fifa : Michel Platini espère que le Tribunal arbitral du sport (Tas) va lever sa suspension provisoire, tandis que les vieux scandales remontent à la surface autour de Sepp Blatter, président démissionnaire et également suspendu.
Le Tas, juridiction sportive suprême et indépendante basée à Lausanne, devrait donc se prononcer cette semaine sur la levée ou non de la suspension provisoire de 90 jours infligée le 8 octobre à Platini par la justice interne de la Fifa. Cette sanction, qui court jusqu'au 5 janvier, prive le Français de toute activité dans le football, donc de ses fonctions de président de l'UEFA. Elle gèle aussi sa candidature à la présidence de la Fifa, pour laquelle le scrutin est toujours programmé le 26 février. Une levée de cette suspension n'enlèverait pas l'épée de Damoclès au-dessus de la tête de l'ancien meneur des Bleus. La chambre de jugement de la commission d'éthique de la Fifa doit toujours rendre son verdict sur le fond avant Noël, après l'avoir entendu entre le 16 et le 18 décembre. Et les juges instructeurs de la Fifa ont requis contre lui la radiation à vie du monde du foot.
Au cœur de ce dossier, il y a ce fameux paiement controversé de 1,8 million d'euros reçu en 2011 de la part de Blatter pour un travail de conseiller achevé en 2002. Ce week-end, le camp Platini a pu enfin savourer une petite éclaircie. Selon le Journal du dimanche (JDD), une note interne de l'UEFA datant de novembre 1998 montre que plusieurs personnes au sommet du foot mondial étaient au courant de l'existence d'un contrat pour rémunérer Platini sur la base annuelle d'un million de francs suisses pour un travail à la Fifa. Cela suffira-t-il à blanchir l'ex-triple Ballon d'or et lui permettre de se présenter à la présidence de l'instance suprême du football ?
Une note fantôme ?
Hier toutefois, Gerhard Aigner, ancien secrétaire général de l'UEFA, a mis en doute l'existence de cette note interne à l'instance européenne. « Platini n'était pas membre du comité exécutif de l'UEFA à l'époque, alors pourquoi l'UEFA aurait-elle voulu s'intéresser à ses affaires privées ? » a plaidé l'Allemand âgé de 72 ans. « Je ne peux pas imaginer qu'il ait jamais existé un tel document », a-t-il ajouté. Aigner fait pourtant partie des noms cités par le JDD comme étant ceux qui assistaient à un comité exécutif de l'UEFA à Stockholm, en Suède, le 12 novembre 1998, et à l'occasion duquel fut distribué cette note « qui ressemble à une des notes d'un service de renseignements ».
Le cas Platini n'est pas le seul dossier sur les étagères d'une Fifa en crise perpétuelle, sur fond de corruption à grande échelle. Les vagues d'arrestations diligentées par la justice américaine se succèdent chez les hauts dirigeants de l'instance suprême du ballon rond, notamment latino-américains.
Les vieux dossiers refont surface
Parallèlement, Sepp Blatter, également suspendu 90 jours jusqu'au 5 janvier, sera lui aussi entendu par la chambre de jugement de la Fifa entre les 16 et 18 décembre. Celui qui était président depuis 1998 est également sous le coup de l'équivalent d'une mise en examen par la justice suisse, qui lui reproche le fameux paiement de 1,8 million d'euros à Platini ainsi que d'avoir cédé des droits TV sur des compétitions de foot à des prix très en dessous du marché.
Et les vieux scandales remontent à la surface : le FBI examine des documents qui prouveraient que le Suisse avait connaissance des pratiques de corruption au sein de la Fifa dans le cadre du scandale ISL dans les années 1990, selon une enquête de la BBC diffusée dimanche soir. Selon le média britannique, la justice américaine est en possession d'une lettre écrite par le prédécesseur de Blatter à la tête de la Fifa, Joao Havelange, dans laquelle l'ancien dirigeant brésilien écrit, à propos des versements d'ISL, que Blatter avait « complète connaissance de toutes les activités » et a « toujours été tenu informé » des paiements.
ISL est une société de marketing sportif soupçonnée d'avoir versé 92 millions d'euros de pots-de-vin pour obtenir des droits de diffusion de plusieurs compétitions dans les années 1990. Toujours selon la BBC, Havelange et l'ancien président de la fédération brésilienne Ricardo Teixeira, notamment, auraient reçu des dessous-de-table.
(Source : AFP)

