Rechercher
Rechercher

Sport - Éclairage

Le Brésil, 30 ans de turpitudes...

Coup dur pour le pays du « futebol », désormais au cœur de l'affaire Fifa.

Marco Polo Del Nero, président de la Confédération brésilienne de football (en poste depuis début 2015), est poursuivi par la justice américaine. Il se garde de sortir du Brésil, qui n’extrade pas ses ressortissants. On l’appelle du coup, de manière sarcastique, « le Marco Polo qui ne voyage pas ». Yasuyoshi Chiba/AFP

L'un est incarcéré aux États-Unis, les deux autres également poursuivis par la justice américaine : les accusations de corruption à l'encontre des trois derniers patrons du foot au Brésil le placent au cœur du scandale qui secoue la Fifa, au bout de décennies de soupçons.
Le coup est rude pour le pays du « futebol » alors qu'il est déjà plongé dans une tourmente économique et politique, entre croissance atone et procédure de destitution visant la présidente de la République, Dilma Rousseff. Mais le coup se dessinait dès le déclenchement du séisme médiatico-judiciaire autour de la Fifa : Jose Maria Marin, président de la Confédération brésilienne (CBF) de 2012 à 2015, faisait partie des hauts responsables de la Fifa interpellés fin mai à Zurich, et dort en prison aux États-Unis depuis son extradition de Suisse le 3 novembre. Son prédécesseur, Ricardo Teixeira (1989-2012), et son successeur, Marco Polo Del Nero (en poste depuis début 2015), figurent parmi les 16 nouvelles personnes inculpées jeudi soir par la justice américaine.
« Après Ricardo Teixeira et Jose Maria Marin, Del Nero achève la conquête pour le Brésil du triplé des ''Coupes du monde de la fraude'', comme le disent la justice américaine et le FBI », ironise sur son blog Juca Kfouri, journaliste qui fait autorité dans le « futebol ».

« Plan » de corruption
Del Nero (74 ans), qui fait également l'objet d'une enquête de la justice interne de la Fifa, a réagi jeudi soir en affirmant son « innocence » et en se mettant en réserve de la présidence de la CBF « dans le but de se consacrer à sa défense ». Son vice-président, Marcus Antonio Vicente, assure l'intérim.
Le ministère américain de la Justice enquête sur « des pots-de-vin en liaison avec le sponsoring de la Fédération brésilienne de football par un grand équipementier américain, le choix du pays hôte de la Coupe du monde 2010 et l'élection du président de la Fifa en 2011 ». Selon la presse brésilienne, il est reproché au trio d'avoir ourdi un « plan » pour empocher des dessous-de-table dans le cadre de contrats de diffusion télévisuelle de trois compétitions : la Coupe du Brésil, la Copa Libertadores (équivalent sud-américain de la Ligue des champions) et la Copa America. La secrétaire d'État américaine à la Justice, Loretta Lynch, a eu des mots très durs lors de sa conférence de presse jeudi soir : « Chacun des nouveaux suspects est inculpé de racket organisé et d'autres infractions liées aux abus commis dans l'exercice de ses fonctions. »
Ces accusations n'étonnent pas grand monde au Brésil concernant trois personnalités déjà lourdement soupçonnées de toutes les magouilles possibles, et alors que Marin (83 ans) est souvent renvoyé à son passé trouble d'homme politique sous la dictature (1964-1985).

Les casseroles de Teixeira
Au Brésil, le terme de corruption revient de manière récurrente depuis des années, de manière feutrée faute de preuves dans les médias, ou ouvertement dans le grand public ou du côté de Romario, légende de la Seleçao et actuel parlementaire.
Ricardo Teixeira ? Cet ancien membre du Comité exécutif de la Fifa (68 ans) s'était lui aussi mis en retrait de la présidence de la CBF, officiellement pour raisons de santé en 2012, avant de démissionner, cerné par les affaires.
Le magazine américain World Soccer l'accuse d'avoir touché 30 millions d'euros afin de voter pour le Qatar pour le Mondial 2022, ce qu'il dément catégoriquement.
Il reconnaît simplement qu'il a voté pour l'émirat en échange d'une promesse de soutien pour la candidature conjointe Espagne-Portugal, alors appuyée par l'Amérique du Sud, pour l'organisation du Mondial 2018, finalement confié à la Russie.
Teixeira est par ailleurs dans le viseur de la justice brésilienne, soupçonné de blanchiment d'argent et de fraude entre 2009 et 2012. L'ex-gendre de Joao Havelange (ex-président de la Fifa) avait déjà été épinglé par la justice suisse dans le scandale ISL (scandale lié au marketing, qui a touché la Fifa dans les années 2000) pour avoir perçu des dessous-de-table, mais l'affaire avait été classée sans suite.
Marco Polo Del Nero, lui, se garde de sortir du Brésil, qui n'extrade pas ses ressortissants, depuis le coup de filet de fin mai, quitte à sécher les réunions du Comité exécutif de la Fifa dont il a démissionné le 26 novembre.
On l'appelle du coup, de manière sarcastique, « le Marco Polo qui ne
voyage pas ».

(Source : AFP)

L'un est incarcéré aux États-Unis, les deux autres également poursuivis par la justice américaine : les accusations de corruption à l'encontre des trois derniers patrons du foot au Brésil le placent au cœur du scandale qui secoue la Fifa, au bout de décennies de soupçons.Le coup est rude pour le pays du « futebol » alors qu'il est déjà plongé dans une tourmente économique et politique, entre croissance atone et procédure de destitution visant la présidente de la République, Dilma Rousseff. Mais le coup se dessinait dès le déclenchement du séisme médiatico-judiciaire autour de la Fifa : Jose Maria Marin, président de la Confédération brésilienne (CBF) de 2012 à 2015, faisait partie des hauts responsables de la Fifa interpellés fin mai à Zurich, et dort en prison aux États-Unis depuis son extradition de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut