Avec le retour du patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, de sa tournée paroissiale au Mexique et en Europe, le dossier de la présidentielle doit entrer dans une phase nouvelle qui va permettre aux parties directement concernées par le choix d'un nouveau chef de l'État de clarifier leurs positions par rapport au compromis concocté, dit-on, avec la bénédiction de la Russie, des États-Unis, de la France et de l'Arabie saoudite, grâce à des contacts entrepris à cet effet par le Vatican, en coordination avec Moscou.
On dit aussi que le Vatican a exprimé le souhait que le chef du courant du Futur, Saad Hariri, soit le parrain de ce compromis qui prévoit l'accession d'un leader chrétien du 8 Mars, en l'occurrence Sleimane Frangié, à la tête de l'État et d'un leader sunnite du 14 Mars, à la tête du gouvernement, ainsi que l'élaboration d'une loi électorale satisfaisante pour les deux camps.
Selon un diplomate occidental accrédité à Beyrouth, le choix de Sleimane Frangié est un « coup de maître », d'autant que le chef des Marada fait partie des quatre leaders chrétiens « forts » désignés comme tels au cours de la réunion qui s'était tenue à Bkerké avec les dirigeants chrétiens juste après la fin du mandat de Michel Sleiman, dans le but d'établir une sorte de feuille de route pour la présidentielle.
Bien que cette candidature bénéficie de l'appui des puissances occidentales concernées par le dossier libanais, il reste qu'au niveau local, les conditions nécessaires à un déblocage ne sont pas encore toutes réunies. Le Hezbollah, qui aurait donné son feu vert au compromis avancé, reste embarrassé par la candidature de Sleimane Frangié à laquelle il préfère toujours celle de Michel Aoun, selon ses propres sources, mais il ne pouvait pas rejeter le package deal pour deux raisons : d'abord parce qu'il avait été le premier à proposer un déblocage du dossier de la présidentielle dans le cadre d'un règlement général, ensuite parce que le compromis proposé est le fruit de contacts internationaux au sujet du Liban. Il n'en demeure pas moins que le parti de Hassan Nasrallah craint que le choix du chef des Marada ne soit motivé par une volonté de disloquer le 8 Mars et de porter dans le même temps un coup à Michel Aoun. S'il ne s'est pas ouvertement opposé à la candidature de M. Frangié, il a quand même assuré le chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme de son soutien surtout s'il réussit à arracher l'appui de Saad Hariri et de Walid Joumblatt à sa candidature.
Côté chrétien, les réserves sont encore plus fortes. Selon un député joumblattiste, si le compromis proposé n'a toujours pas « mûri », c'est parce qu'il ne bénéficie pas d'un appui chrétien suffisant. Sans cet appui, il risque de s'effondrer, d'où l'importance accordée au rôle que Bkerké pourra jouer avec le retour du patriarche Raï à Beyrouth. Dans ce contexte, des observateurs font état d'un « deal » en gestation entre Rabieh et Maarab qui pourraient adopter une position commune hostile à la candidature de Frangié. Les Kataëb pourraient également se joindre à eux. Le problème est que Michel Aoun, Samir Geagea et Samy Gemayel ne peuvent pas rejeter la candidature de Frangié sans proposer une autre solution de compromis. S'ils choisissent l'un d'entre eux, on retournera à la case départ : le 14 Mars s'opposera à Aoun et le 8 Mars rejettera Geagea ou Amine Gemayel. S'ils s'entendent sur un candidat en dehors du « groupe des quatre », le Hezbollah préférera soutenir Frangié.
Dans les milieux proches de Maarab, on n'exclut pas une visite de Samir Geagea en Arabie saoudite pour des entretiens avec Saad Hariri et les dirigeants saoudiens au sujet de la présidentielle. Le chef du courant du Futur doit également s'entretenir avec les différents dirigeants du 14 Mars, en vue d'une position unifiée par rapport au compromis sur la présidentielle.
Quoi qu'il en soit, le 14 Mars se gardera de se prononcer sur les solutions proposées tant que le Hezbollah n'a pas fait connaître sa position par rapport à la candidature de Frangié. Le parti de Dieu, indique-t-on de sources du 8 Mars, pourrait se prononcer après la rencontre prévue entre Aoun et Frangié à Rabieh.
Liban - L’Éclairage
Plusieurs obstacles bloquent toujours la candidature de Frangié
OLJ / Par Philippe Abi-Akl, le 04 décembre 2015 à 00h00


Une délégation FL en tournée à Hasbaya et Marjeyoun en soutien aux habitants du Sud
"Selon un diplomate occidental accrédité à Beyrouth, le choix de Sleimane Frangié est un « coup de maître », IL DOIT SUREMENT ETRE AMERICAIN.CE DIPLOMATE AYANT RECU UN COUP SUR LA TETE POUR OSER TRAVESTIR CE COUP DE TRAITRE EN UN COUP DE MAITRE.
23 h 54, le 04 décembre 2015