Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a assuré que la reconnaissance du yuan comme monnaie de réserve favorisera « l’ouverture de l’économie chinoise ». Mandel Ngan/AFP
Le yuan chinois a fait son entrée hier dans le club très fermé des principales monnaies de réserve internationale à la faveur de son intégration dans l'unité de compte du Fonds monétaire international (FMI). Il y rejoint le dollar américain, la livre britannique, le yen japonais et l'euro.
Pour Pékin, l'entrée de la devise chinoise au rang de monnaie de réserve représente une réussite politique majeure dans sa quête de reconnaissance économique internationale.
Cette décision reflète notamment « les progrès accomplis par les autorités chinoises ces dernières années pour réformer leur système monétaire et financier », a souligné la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, dans une déclaration au siège du FMI à Washington. « La poursuite et l'approfondissement de ces efforts va créer un système monétaire et financier international plus solide qui, en retour, soutiendra lui-même la croissance et la stabilité de la Chine et de l'économie mondiale », a-t-elle ajouté en soulignant qu'elle favorisera également « l'ouverture de l'économie chinoise ».
Le conseil d'administration du Fonds, qui représente les 188 États membres de l'institution, a sans surprise entériné un rapport favorable des experts du FMI qui ont jugé que la monnaie chinoise « remplit les conditions » pour rejoindre les droits de tirages spéciaux (DTS).
Mais la décision du FMI ne rentrera pas en vigueur avant neuf mois, le temps d'inclure concrètement la monnaie chinoise, également appelée renminbi, dans son unité de réserve. La nouvelle pondération résultant de l'inclusion d'une 5e monnaie dans le panier composant les DTS n'a pas été précisée hier, mais elle pourrait se situer entre 10 et 16 %.
Les Chinois « veulent une reconnaissance du renminbi en tant que devise internationale : c'est important pour le prestige et la réputation, mais aussi pour les échanges internationaux, car ils sont en train d'ouvrir leurs comptes de capitaux », souligne Ange Udibe, économiste, auprès du Peterson Institute of International Economics (PIIE).
Favoriser la libéralisation
Faire partie d'un panier de réserves, « cela force de nombreuses réformes au sein de l'économie alors que certains conservateurs au sein du pouvoir en Chine pourraient être réticents » à poursuivre la libéralisation, souligne cet expert. « C'est comme un traité commercial, c'est un bon outil pour forcer la libéralisation de l'économie intérieure dont vous avez besoin », ajoute M. Udibe.
Deux des principales conditions à l'inclusion du yuan au sein des DTS ont été jugées acquises par le FMI : qu'il soit « plus largement utilisé » dans les transactions internationales et qu'il soit « librement utilisable ». Ce dernier point n'est toutefois pas synonyme de totale convertibilité puisque la Chine exerce un contrôle des capitaux et que sa monnaie est encore accrochée au dollar, même si en août dernier les autorités ont assoupli le mécanisme de change.
Sur le front financier, Pékin vient d'autoriser l'accès des banques centrales étrangères au marché des changes chinois. Les institutions publiques étrangères peuvent depuis quelques mois acheter des bons chinois, souligne M. Udibe. « La libéralisation se fait par petites étapes », souligne-t-il.
(Source : AFP)


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