Le nouveau gouvernement conservateur et eurosceptique polonais a montré des signes de durcissement de ses positions sur les migrants. Sans attendre de prendre ses fonctions, le futur chef de la diplomatie Witold Waszczykowski s'est exprimé sur la politique européenne à adopter, selon lui, face à l'afflux massif de réfugiés et migrants. « Des centaines de milliers de Syriens sont arrivés dernièrement en Europe. On pourrait en faire une armée », a-t-il déclaré dimanche à la télévision publique TVP Info. « Des dizaines de milliers de jeunes hommes sautent de leurs bateaux gonflables, avec leur iPad à la main, et au lieu de demander d'abord à boire ou à manger, ils demandent où ils peuvent charger leur téléphone portable. Ils pourraient aller combattre pour libérer leur pays, avec notre aide », a-t-il dit.
Il n'en a pas moins assuré que la Pologne respecterait les engagements pris par le gouvernement libéral sortant qui avait promis d'accueillir plus de 9 000 réfugiés dans le cadre du plan européen de relocalisation.
Cette mise au point était devenue nécessaire après la première réaction aux attentats de Paris de l'homme chargé des Affaires européennes dans le cabinet de Mme Szydlo, Konrad Szymanski, qui a vu un lien entre ces actes terroristes et la crise migratoire. « Les décisions, que nous avons critiquées, celles du Conseil européen sur la relocalisation des réfugiés et immigrés vers tous les pays de l'UE, ont toujours la force de droit européen. (Mais) après les événements tragiques à Paris, nous ne voyons pas la possibilité politique de les respecter », a déclaré M. Szymanski, connu pour ses opinions eurosceptiques, qui doit être vice-ministre des Affaires étrangères. Il a nuancé par la suite son propos, en disant que la Pologne accepterait des réfugiés « à condition d'avoir des garanties de sécurité ».
Moyen Orient et Monde - Pologne
« Faire des migrants une armée »
OLJ / le 17 novembre 2015 à 00h00

