Ce fut un triste jour, celui où 2 bombes explosèrent à Bourj el-Brajneh. Celui où l'on annonça à la télévision « plus de 40 morts et 200 blessés » sans aucune amertume, comme si l'on annonçait simplement la météo du lendemain. Ce fut un triste jour, celui où tous les Libanais dirent « haram, Allah yerhamoun », et s'en retournèrent ensuite à leurs occupations : WhatsApp, sortir prendre l'air, aller faire la fête ; comme si de rien n'était, comme si tout cela n'avait jamais existé, comme si c'était normal.
Ce fut un triste jour, celui où l'on dit « khalas t3awwadna » face à une situation comme celle-ci. Des Libanais qui prêchent tant la paix dans leur pays, pensant l'obtenir uniquement en en parlant et en l'idolâtrant. Ce fut un triste jour, celui où la mort ne signifia plus rien dans mon pays. Celui où elle devint habituelle, normale, attendue. « Plus de 40 morts, what a big deal, demain on est en congé et c'est ça l'important. » Celui où la vie n'avait plus aucun prix. Ce fut un triste jour, celui où l'on assimila le Liban à ses hommes politiques et qu'on perdit espoir en lui à cause d'eux. Celui où l'on parla uniquement des personnes en les désignant par leur religion ou leur parti politique, et non pas comme « libanais » ou, tout simplement, humains.
Ce sera un triste jour, le 22 novembre, où ces mêmes « Libanais » crieront fort leur « amour » pour leur pays (ou ce qu'il en reste) en disant qu'ils se battront toujours pour lui, alors qu'une semaine auparavant ils l'insultaient et le maudissaient de tout leur cœur. Quel triste jour, celui où l'on commença à mentir comme l'on respire. Celui où la mort s'installa dans notre pays et fit partie de nos « vies ». Quel triste jour, chers Libanais, jour où une jeune fille de 18 ans ressentit le besoin d'écrire cela pour essayer de réveiller les « grands » de son pays.
Pitié, aidez-nous à croire qu'il reste un espoir pour notre grand Liban...
Un citoyen


Pauvre Président Rafîk HARIRI !
14 h 23, le 17 novembre 2015