Des heurts entre Palestiniens et forces israéliennes à Bethléem. Ammar Awad/Reuters
Deux Israéliens ont été tués par balles hier après-midi apparemment dans une embuscade tendue par un ou plusieurs Palestiniens au sud de Hébron.
L'attentat commis près de la colonie d'Otniel à une dizaine de kilomètres de Hébron est la plus grave attaque anti-israélienne depuis près d'un mois. Elle a coûté la vie à un père et son fils, mais aussi blessé une femme et un adolescent qui, selon les médias, étaient en route pour une réunion familiale. La famille semble être tombée dans une embuscade dont le ou les auteurs ont attendu en bord de route l'arrivée d'un véhicule israélien pour ouvrir le feu, puis s'enfuir en voiture, ont rapporté les médias israéliens. Des photos prises sur place montrent la voiture prise pour cible immobilisée dans un fossé, portes ouvertes et l'intérieur apparemment ensanglanté. Le ou les auteurs de l'attaque ont pris la fuite, ont affirmé l'armée et la police.
Les forces israéliennes, soutenues par des moyens aériens, ont été déployées en masse pour les retrouver et sont entrées en force dans les localités palestiniennes voisines de Yatta et As Samou, a constaté un journaliste de l'AFP. « Nous arrêterons les assassins méprisables et nous les ferons comparaître devant la justice comme nous l'avons fait dans le passé », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué.
Troubles partout
L'attaque rappelle l'attentat qui a marqué le début de l'actuelle spirale de violences quand un couple de colons avait été assassiné par balles sous les yeux de leurs enfants le 1er octobre dans un guet-apens près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.
Depuis lors, les attentats anti-israéliens (à l'arme blanche dans leur écrasante majorité), les heurts entre jeunes Palestiniens et soldats, et les agressions mutuelles entre Palestiniens et colons israéliens ont fait 81 morts côté palestinien – dont un Arabe israélien – et 12 côté israélien. Une grande majorité des Palestiniens tués l'a été en tentant ou en menant des attaques. Les forces israéliennes avaient mis moins d'une semaine pour arrêter les auteurs de l'attentat qui avait coûté la vie à deux colons le 1er octobre.
En ce jour de grande prière hebdomadaire, des troubles ont éclaté un peu partout en Cisjordanie et le long de la frontière dans la bande de Gaza. Un Palestinien de 22 ans a été tué par des tirs israéliens à Boudros, à l'ouest de Ramallah, en Cisjordanie. Au total, plus de 270 Palestiniens ont été traités par le Croissant-Rouge, dont une centaine pour des blessures par balles réelles ou caoutchoutées, les autres surtout pour avoir inhalé des lacrymogènes, a dit l'organisation.
Accord diplomatique
Dans la bande de Gaza, des Gazaouis sont de nouveau allés défier le danger et les soldats israéliens postés de l'autre côté de la barrière de sécurité qui, avec la frontière égyptienne, enferme l'enclave. Dix-sept d'entre eux ont été blessés par des tirs à balles réelles, selon les secours locaux.
La tension est relativement retombée à Jérusalem ces dernières semaines sous l'effet de sévères mesures israéliennes de répression, d'un déploiement policier considérable et d'un accord diplomatique sur l'ultrasensible esplanade des Mosquées.
Des heurts ont cependant éclaté hier quand environ 200 Palestiniens du turbulent quartier de Jabal Moukaber ont manifesté pour obtenir la restitution des dépouilles mortelles des auteurs d'attentat et la levée des check-points israéliens, a constaté un photographe de l'AFP.
Par ailleurs, un juif orthodoxe de 40 ans, de nationalité israélienne, a été blessé jeudi soir par un inconnu qui l'a poignardé avec un couteau devant une pizzeria casher de Milan, provoquant émotion et indignation dans la péninsule et au-delà. Nathan Graff a été touché à sept reprises à la colonne vertébrale, à un bras et au visage, lors de cette attaque perpétrée vers 20h00 dans le quartier juif de la ville lombarde. L'agresseur a frappé par derrière et pris la fuite.
(Source : AFP)

