Rechercher
Rechercher

Sport - Éclairage

Le sport, une passion pour Poutine

Le président russe, judoka émérite et hockeyeur amateur, a fait de la pratique sportive un élément-clé de sa politique.

Vladimir Poutine en compagnie de judokas lors d’une visite dans un centre sportif à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, hier. Alexeï Druzhinin/RIA-Novosti/AFP

Huitième dan de judo et hockeyeur amateur, Vladimir Poutine s'est évertué à incarner un président sportif à la tête d'une grande nation du sport. Le président russe « s'est senti extrêmement insulté par le scandale » du dopage, estime Igor Bounine, président du Centre des technologies politiques, un groupe de réflexion proche du Kremlin. Depuis les révélations de l'enquête indépendante de l'Agence mondiale antidopage lundi dernier, la Russie est pointée du doigt, accusée de toutes parts d'avoir mis sur pied un programme institutionnalisé de dopage dans l'athlétisme et d'avoir au passage saboté les Jeux olympiques de Londres en 2012. « Le sport est un élément de son propre prestige et de celui de l'Etat », poursuit le politologue, rappelant que Vladimir Poutine « s'était énormément impliqué en faveur des JO d'hiver de Sotchi » en 2014.
La première trace de cette implication remonte à un voyage au Guatemala en 2007, où était désigné l'organisateur des JO 2014. Pour convaincre les membres du Comité international olympique (CIO), le président russe avait été jusqu'à donner un discours en anglais, une langue qu'il n'utilise jamais. Sotchi avait battu de quatre voix son adversaire sud-coréenne, Pyeongchang, et les travaux des JO 2014, supervisés directement par le président russe, furent les plus chers de l'histoire. Sportivement, la Russie y rafla 33 médailles, dont 13 en or.
En 2010, la Russie ajouta une nouvelle ligne à ce prestige retrouvé en obtenant l'organisation du Mondial 2018 de football. Quand la justice suisse a lancé une enquête sur les conditions d'attribution des Mondiaux 2018 et 2022 (au Qatar), le président russe a dénoncé une « nouvelle tentative évidente des États-Unis d'étendre sa juridiction à d'autres États ». Selon le politologue Alexandre Baounov, du centre Carnegie de Moscou, le Kremlin pourrait être de nouveau tenté de crier à la mainmise de Washington avec l'affaire du dopage dans l'athlétisme. « De tels scandales sont vus comme une façon d'empêcher la Russie de retrouver sa grandeur, un thème populaire de nos jours », explique-t-il.

Plus que Teddy Riner
Vladimir Poutine a fait de la pratique sportive un élément-clé de sa politique. « Au moins 40 % des Russes doivent pratiquer régulièrement un sport », disait-il en juin 2014. Lui-même n'hésite pas à se mettre en scène. Huitième dan de judo, soit trois de plus que le multiple champion du monde français Teddy Riner, il participe chaque année à un match de hockey sur glace avec des stars de la discipline, marquant même... huit buts lors de la dernière édition. Pourtant, expliquait-il récemment en présentant une nouvelle chaîne publique consacrée au sport, Match TV, il ne savait pas tenir sur des patins il y a encore trois ans et demi.
Si les scandales entourant le dopage ou le Mondial 2018 peuvent ternir l'image de la Russie à l'étranger, il est toutefois peu probable qu'ils aient un impact sur la popularité de Poutine. « Pour les Russes, c'est un complot contre un grand pays, une tentative de mettre à genou une superpuissance du sport », assure Igor Bounine alors que, selon un sondage du centre Levada publié en juin, 29 % des Russes font de la réussite sportive de la Russie leur plus grande source de fierté.
Poutine n'est de toute façon pas prêt à prendre le risque de voir la Russie manquer les JO 2016 de Rio. « Il ne va pas entrer en conflit (avec l'Agence mondiale antidopage), estime Igor Bounine. Il acceptera toutes leurs conditions, juste pour voir les athlètes russes aux JO. »
(Source : AFP)

Huitième dan de judo et hockeyeur amateur, Vladimir Poutine s'est évertué à incarner un président sportif à la tête d'une grande nation du sport. Le président russe « s'est senti extrêmement insulté par le scandale » du dopage, estime Igor Bounine, président du Centre des technologies politiques, un groupe de réflexion proche du Kremlin. Depuis les révélations de l'enquête indépendante de l'Agence mondiale antidopage lundi dernier, la Russie est pointée du doigt, accusée de toutes parts d'avoir mis sur pied un programme institutionnalisé de dopage dans l'athlétisme et d'avoir au passage saboté les Jeux olympiques de Londres en 2012. « Le sport est un élément de son propre prestige et de celui de l'Etat », poursuit le politologue, rappelant que Vladimir Poutine « s'était énormément impliqué en faveur...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut