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Moyen Orient et Monde - Syrie

Vienne doit établir une liste d’opposants pour négocier avec le régime

Moscou propose un plan de transition, aussitôt rejeté par l'Occident et l'opposition.

À Deraa, des rebelles dressent des barricades dans les combats de rues qui les opposent aux forces gouvernementales. Photo AFP / Mohammad Abd Abazid

La rencontre internationale sur la Syrie prévue samedi à Vienne doit commencer à sélectionner la « délégation unifiée » de l'opposition syrienne qui discutera avec le régime de la transition politique, apprend-on de source occidentale à Beyrouth.
« Chaque pays pourra présenter sa liste de noms et il faudra ensuite réduire le nombre à 20 ou 25 personnes qui seront réparties dans deux commissions, l'une sur la réforme politique et l'autre sur la sécurité. Elles travailleront sous la houlette de l'émissaire de l'Onu Staffan de Mistura », a affirmé la source occidentale à l'AFP.
Selon un diplomate européen dans la capitale libanaise, « une commission préparatoire, composée des fonctionnaires de neuf pays, commencera dès aujourd'hui à plancher sur les listes d'opposants, sur celles définissant les organisations terroristes et sur les questions humanitaires ». « (Demain) ce sera à un niveau supérieur et samedi la vingtaine de ministres se retrouveront. Tout ne sera pas réglé samedi. On ne va pas régler en un jour un conflit de cinq ans », a-t-il ajouté.
Selon la source diplomatique occidentale, la Russie a présenté une liste de 38 noms d'opposants, dont trois anciens présidents de la coalition de l'opposition, Ahmad Jarba, Ahmad Moaz el-Khatib, Hadi el-Bahra ainsi que son actuel président Khaled el-Khoja. Y figurent aussi des représentants de l'opposition de l'intérieur et même deux représentants des Frères musulmans, Mohammad Tayfour et Mohammad Habache. D'autres opposants historiques comme Michel Kilo font partie de la liste. L'Arabie saoudite a, elle, présenté une liste de vingts noms et l'Égypte en a soumis dix. « Il va falloir beaucoup de temps pour réussir à constituer une liste acceptée par tous », a souligné cette source. Le chemin semble semé d'embûches.

Idées russes
Par ailleurs, la Russie a proposé des « idées » dans un document en huit points, distribué à tous les pays ayant participé fin octobre à la réunion de Vienne sur la crise syrienne et qui été rejeté hier par les pays occidentaux et l'opposition syrienne. Ce document propose la constitution d'un comité constitutionnel présidé par un candidat accepté par le régime et l'opposition sous les auspices de M. de Mistura. Ce comité aura pour mission de rédiger une nouvelle Constitution en 18 mois. « Il y aura ensuite un référendum puis sur cette base aura lieu l'élection d'un président de la République. Les élections législatives prévues en 2016 seront repoussées pour qu'elles se produisent après la réforme constitutionnelle », affirme le document. Le texte n'interdit pas à Bachar el-Assad de se présenter à ce nouveau suffrage. Il précise que le nouveau président aura la charge de l'armée et des services des renseignements. Toujours selon le texte, des élections présidentielle et législatives pourront se tenir après qu'une Constitution aura été votée par référendum. « Nous sommes au courant des propositions russes. Le plan en huit points lui-même n'est pas central dans les discussions de Vienne, mais la Russie l'est », a expliqué Matthew Rycroft, ambassadeur britannique auprès de l'Onu.

Ce « n'est pas une question de personne »
De leur côté, Russes et Iraniens ont rappelé que les pourparlers sur la Syrie samedi à Vienne ne doivent pas « se substituer » aux négociations entre opposants et représentants du régime syrien. « Les participants du Groupe de soutien à la Syrie devraient aider (le régime de Damas et l'opposition syrienne) à parvenir à un accord et non pas se substituer aux négociations entre Syriens », ont déclaré hier les chefs de la diplomatie russe et iranienne, Sergueï Lavrov et Mohammad Javad Zarif, à l'issue d'un entretien téléphonique.
Dans le même temps, le président iranien Hassan Rohani, dans un entretien diffusé hier par des médias français, a affirmé que la crise syrienne ne tourne pas autour du sort du président Bachar el-Assad, mais de la nécessité d'avoir un État fort à Damas pour lutter contre le terrorisme. Ce « n'est pas une question de personne, il est question de la sécurité et de la stabilité », a-t-il déclaré selon la traduction de la chaîne France 2. Le président iranien n'a toutefois pas cité le nom du président Assad.
Pour sa part, la Turquie a remis sur la table hier l'idée d'une « zone sécurisée » dans le nord de la Syrie pour accueillir les déplacés, à quelques jours d'un sommet crucial des dirigeants des pays du G20. « Proclamons une zone nettoyée des terroristes, une zone d'exclusion aérienne, réglons cette affaire », a exhorté le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Ankara.
Sur le terrain, l'armée russe a annoncé hier avoir bombardé 277 cibles « terroristes » en Syrie ces dernières 48 heures, affirmant avoir ainsi permis la déroute de 900 combattants islamiques face à l'avancée de l'armée syrienne. Les avions russes ont effectué 85 sorties aériennes dans les provinces d'Alep (Nord-Ouest), d'Idleb (Nord-Ouest), de Lattaquié (Ouest), de Hama (centre), d'Homs (centre) et de Damas, selon un communiqué du ministère russe de la Défense.
Dans la province d'Alep, ces bombardements ont « permis aux troupes gouvernementales, dans les environs des villages d'Azizyé, de Kafar Haddad et de Tall Memmo, de vaincre sept groupes terroristes représentant 900 combattants », a indiqué le ministère. Les autorités russes se sont aussi félicitées de la première victoire significative de l'armée syrienne face au groupe État islamique (EI), qui a brisé hier un siège de plus de deux ans sur Koueires, un aéroport militaire proche d'Alep avec l'aide de l'aviation russe.
C'est dans ce contexte qu'est intervenue la visite de soutien aux chrétiens d'Orient de cinq parlementaires français, dont l'ancien ministre Thierry Mariani, arrivés hier en Syrie. Il s'agit du troisième groupe d'élus français à se rendre dans le pays depuis fin septembre.
(Source : agences)

La rencontre internationale sur la Syrie prévue samedi à Vienne doit commencer à sélectionner la « délégation unifiée » de l'opposition syrienne qui discutera avec le régime de la transition politique, apprend-on de source occidentale à Beyrouth.« Chaque pays pourra présenter sa liste de noms et il faudra ensuite réduire le nombre à 20 ou 25 personnes qui seront réparties dans deux commissions, l'une sur la réforme politique et l'autre sur la sécurité. Elles travailleront sous la houlette de l'émissaire de l'Onu Staffan de Mistura », a affirmé la source occidentale à l'AFP.Selon un diplomate européen dans la capitale libanaise, « une commission préparatoire, composée des fonctionnaires de neuf pays, commencera dès aujourd'hui à plancher sur les listes d'opposants, sur celles définissant les...
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