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Moyen Orient et Monde - Allemagne/Disparition

Décès de Helmut Schmidt, européen convaincu et figure de la social-démocratie

Helmut Schmidt (à gauche) et le président français Valéry Giscard-d'Estaing avaient incarné la relance du moteur franco-allemand. Archives AFP

Grande figure de la social-démocratie européenne, connu pour son franc-parler, l'ancien chancelier Helmut Schmidt est décédé hier à 96 ans en laissant notamment comme héritage la relance du couple franco-allemand dans les années 1970.
Ce fumeur invétéré, petit-fils de docker et grand connaisseur des questions économiques, était resté présent dans le débat politique jusqu'à ces derniers mois, commentant la crise grecque, celle en Ukraine ou encore critiquant le manque de compétence en finances d'Angela Merkel. Son charisme et ses analyses ont prolongé son influence bien au-delà de son mandat à la chancellerie, faisant de lui l'une des figures les plus respectées du monde politique allemand. Bien que de bords politiques différents, lui et le président français Valéry Giscard-d'Estaing avaient incarné la relance du moteur franco-allemand et le projet d'intégration européenne. Leur travail après le choc pétrolier aboutit au système monétaire européen (SME) et en 1979 à l'écu, ancêtre de l'euro.
Un des premiers à réagir, le président français François Hollande a salué « un grand Européen ». Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a salué « l'Européen engagé » et a relevé son rôle avec Giscard d'Estaing pour ouvrir « la voie à l'euro ». Angela Merkel a, selon son porte-parole, observé une minute de silence lors d'une réunion du groupe parlementaire de son parti, le CDU. La chancelière a également salué « une institution » allemande, son « humilité personnelle » et son « autorité naturelle ». « Il était aussi un exemple pour moi, l'un de ceux dont les conseils et les jugements m'importent », a souligné Mme Merkel.

Petites phrases
Homme de compromis, il n'avait pourtant pas la langue dans sa poche. Schmidt hérita ainsi du sobriquet de « Schmidt-Schnauze » (« Schmidt, la grande gueule ») à cause de ses joutes verbales avec le ministre de la Défense, le Bavarois Franz-Josef Strauss, à la fin des années 1950. Parmi ses petites phrases, les médias allemands aiment rappeler ses piques lancées aux politiques ou aux médias : « Celui qui a des visions devrait aller chez le médecin. » Ou encore : « Journalistes et politiciens partagent le triste destin de parler souvent de choses aujourd'hui qu'ils ne comprendront vraiment que demain. »
Né le 23 décembre 1918 à Hambourg, diplômé en économie, mobilisé dans la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale, Helmut Schmidt adhère au Parti social-démocrate (SPD) en 1946 et devient député en 1953. D'abord ministre de la Défense en 1969, poste qu'il cumule avec celui des Finances de 1972 à 1974, c'est nanti d'une réputation de meneur d'hommes qu'il succède au chancelier Willy Brandt, chassé par un scandale, et est réélu en 1976 et 1980. À l'apogée de sa « realpolitik », il obtient un renforcement des forces nucléaires américaines en RFA malgré les manifestations de centaines de milliers d'Allemands. Helmut Schmidt fut finalement contraint de quitter le pouvoir en 1982, abandonné par ses alliés libéraux du FDP qui rejoignent le chrétien-démocrate (CDU) Helmut Kohl. Il multiplie ensuite les conférences, écrit une trentaine d'ouvrages, et édite puis dirige dans les années 1980 le prestigieux hebdomadaire Die Zeit.

(Source : AFP)

Grande figure de la social-démocratie européenne, connu pour son franc-parler, l'ancien chancelier Helmut Schmidt est décédé hier à 96 ans en laissant notamment comme héritage la relance du couple franco-allemand dans les années 1970.Ce fumeur invétéré, petit-fils de docker et grand connaisseur des questions économiques, était resté présent dans le débat politique jusqu'à ces derniers mois, commentant la crise grecque, celle en Ukraine ou encore critiquant le manque de compétence en finances d'Angela Merkel. Son charisme et ses analyses ont prolongé son influence bien au-delà de son mandat à la chancellerie, faisant de lui l'une des figures les plus respectées du monde politique allemand. Bien que de bords politiques différents, lui et le président français Valéry Giscard-d'Estaing avaient incarné la relance du...
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