Un tank utilisé par des combattants loyalistes sur le front de Marib, où ils combattent les rebelles houthis. Reuters/Stringer
Les rebelles yéménites pro-iraniens ont reconquis des positions perdues ces derniers mois dans le sud du Yémen lors d'une nouvelle tentative d'avancer vers la grande ville d'Aden où le gouvernement s'est installé, ont indiqué hier des sources militaires.
Dans la province de Lahej, voisine d'Aden, la capitale du Sud, les rebelles chiites houthis et leurs alliés ont positionné leurs forces sur une colline surplombant la base aérienne stratégique d'al-Anad, selon ces sources.
Des troupes soudanaises, associées à la coalition arabe sous commandement saoudien qui combat les rebelles auprès des forces progouvernementales, sont stationnées à al-Anad. Le déploiement rebelle constitue « un réel danger », a affirmé une de ces sources à l'AFP.
Avec l'appui de la coalition arabe (aérien, terrestre et matériel), les forces progouvernementales avaient lancé une vaste contre-offensive en juillet, boutant les insurgés hors d'Aden et de quatre autres provinces du Sud (Lahej, Dhaleh, Abyane et Chabwa).
Des combats avaient lieu samedi entre les rebelles et leurs adversaires à al-Madaribah, à la frontière entre les provinces de Lahej et de Taëz (Sud-Ouest), selon des sources progouvernementales.
Les rebelles ont repris Damt, la deuxième grande localité de la province de Dhaleh, après l'avoir encerclée pendant des heures et s'être heurtés aux loyalistes, ont indiqué des sources militaires. Ces affrontements ont fait 16 morts.
Les forces loyales au président Abed Rabbo Mansour Hadi, réfugié en Arabie saoudite, ont été « contraintes de se retirer de la ville », a indiqué une source.
Dans la localité côtière de Dhoubab, près du détroit stratégique de Bab al-Mandeb, les rebelles se sont emparés d'une base militaire après des combats qui ont fait onze morts dans leurs rangs et six chez les loyalistes, selon une autre source militaire. Les loyalistes avaient repris le mois dernier Dhoubab qui leur donne un contrôle de fait sur Bab al-Mandeb, par où passe une partie du trafic maritime mondial, à l'entrée sud de la mer Rouge.
Le conflit au Yémen a connu une grave escalade en mars lorsque l'Arabie saoudite a pris la tête d'une coalition arabe dans le but de freiner l'avancée des rebelles qui s'étaient rendus maîtres de la capitale Sanaa et d'une bonne partie du pays. Avec leurs dernières avancées, « les houthis et leurs alliés cherchent à revenir à Aden », a déclaré un haut responsable militaire.
« Événement extraordinaire »
Sur un autre plan, un nouveau cyclone inhabituel s'est abattu hier sur l'île yéménite de Socotra, faisant au moins deux morts et des dizaines de blessés, selon une source gouvernementale.
Le cyclone Megh a provoqué la panique et a poussé un ministre à lancer un « appel urgent » à l'Onu et au sultanat voisin d'Oman pour « sauver » la population.
Des vents violents, de fortes pluies et de brusques inondations ont été signalés au moment où Megh a touché l'île qui avait déjà été gravement affectée la semaine dernière par le cyclone Chapala, ont indiqué des habitants. Socotra est située à 350 kilomètres au large des côtes sud-est du Yémen.
À Genève, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) avait estimé que Megh serait plus faible que Chapala, qui avait causé la mort de huit personnes dans le sud-est du Yémen, un pays ravagé par la guerre. Les cyclones tropicaux sont très rares sur la péninsule Arabique. L'arrivée de deux à très courte intervalle est « un évènement absolument extraordinaire », a souligné la porte-parole de l'OMM.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), quelque 44 000 personnes ont été déplacées par le cyclone Chapala qui a touché les côtes du Yémen mardi dernier, détruisant 237 habitations sur son passage.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine