Le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a reçu hier l'ancien ministre Ibrahim Chamseddine, qui a rendu hommage à sa prise de position concernant la légitimation de l'intervention russe en Syrie sous la dénomination de « guerre sainte ».
Dans son homélie dominicale du 18 octobre dernier, Mgr Audi avait en effet rejeté la notion de « guerre sainte », se démarquant ainsi de l'Église de Moscou. « Notre Église ne bénit pas celui qui tue l'autre, car celui qui tue l'autre, c'est comme s'il voulait tuer Dieu. L'Église ne bénit pas les guerres et ne les sacralise pas. Elle ne sanctifie pas les combats et refuse le concept de "guerre sainte" », avait affirmé Mgr Audi, au cours de son homélie dominicale.
« Je suis venu (...) principalement pour appuyer de manière ferme et franche sa position, prise à partir de sa posture responsable et religieuse, avec d'autres frères », a affirmé M. Chamseddine, fils de feu l'imam Mohammad Mehdi Chamseddine. L'ancien ministre faisait référence à la pétition lancée par 62 personnalités grecques-orthodoxes « contre les guerres religieuses », qui refuse notamment que « des guerres ou des actions terroristes puissent être justifiées au nom de la religion » et rejette l'argument que « la protection des chrétiens puisse servir d'alibi au service d'objectifs idéologiques ou politiques, comme certains ont tenté de le faire récemment en appui à l'intervention militaire de la Russie en Syrie ».
« La position prise par Mgr Audi et d'autres personnalités libanaises orthodoxes est pleine de sagesse. Elle démontre un sens élevé de la responsabilité et émane d'une grande foi abrahamique. J'ai personnellement qualifié cette position de position islamique juste », a poursuivi M. Chamseddine.
« Pour nous, il n'y a pas de guerres saintes. La guerre sainte nécessite un chef empreint de sainteté. Parmi les vivants que nous connaissons, nous savons que de telles personnes n'existent certainement pas », a-t-il souligné, exprimant une fois de plus son soutien à la position « réconfortante » de Mgr Audi « qui empêche toute confusion » et « qui n'est pas nouvelle, puisqu'il s'agit de la position de l'Église orthodoxe au Liban et que Mgr Audi a remis en exergue ».

