Nicolas Sarkozy a proposé, hier, la création d’un superministère de la Sécurité publique. Matthieu Alexandre / AFP
Dénonçant un « affaiblissement » de l'État français, Nicolas Sarkozy a proposé hier la création d'un superministère de la Sécurité publique ainsi que la construction de 20 000 places de prison pour en finir avec « l'inexécution des peines ».
Le président des Républicains, qui a développé son projet lors d'une convention sur la sécurité et la justice, a reproché à l'exécutif de « laisser l'autorité de l'État partout bafouée », un « trouble que les Français regardent médusés ». « Tout se passe comme si l'État s'en allait, comme si la République s'abandonnait progressivement », a-t-il dit, citant de récentes occupations d'autoroutes, l'installation de campements sauvages ou les violences au comité d'entreprise d'Air France. Nicolas Sarkozy a également évoqué la « manifestation inédite » de policiers sous les fenêtres de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, et celle des gardiens de prison.
Les propos de l'ancien chef de l'État ont été dénoncés par le Premier ministre, Manuel Valls, qui a fait allusion aux vives réactions de M. Sarkozy lorsqu'il a été conduit à s'expliquer devant la justice. « Dire qu'il n'y a plus d'autorité de l'État quand soi-même, tous les jours, on met en cause le rôle et l'indépendance de la justice, ça n'est pas sérieux et ça n'est surtout pas responsable », a déclaré M. Valls. « Je sais qu'il y a des échéances, les élections régionales, l'élection présidentielle, la préparation des primaires dans l'opposition, mais toutes ces échéances (...) méritent du sérieux », a ajouté le chef de la majorité, appelant les responsables de l'opposition « à de la retenue ».
Déplorant une « surenchère sécuritaire », Mme Taubira a, de son côté, estimé que l'opposition multipliait les « arguments fallacieux » et les « contrevérités ».
(Source : Reuters)


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