Le centre-ville d’Istanbul où des affiches sont placardées au cours de la dernière semaine de campagne avant les élections législatives du 1er novembre. Bulent Kilic/AFP Photo AFP/Bulent Kilic
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a modifié sa stratégie pour le deuxième scrutin législatif en cinq mois, mais le résultat risque bien d'être semblable à celui de juin, lorsque sa formation politique, l'AKP, n'était pas parvenue à obtenir la majorité absolue au Parlement.
Si le président turc utilise toujours la moindre de ses interventions pour fustiger l'opposition, il semble plus en retrait qu'en juin et il est peu probable qu'il organise de nouvelles élections législatives en cas d'échec. Les derniers sondages laissent entendre que le Parti de la justice et du développement, seul au pouvoir depuis 13 ans, ratera une nouvelle fois la majorité absolue, ce qui l'empêchera de gouverner seul après les législatives du 1er novembre. Officiellement, l'AKP ne craint pas une telle issue, et la ligne officielle est la suivante : la tendance est positive. Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a déclaré la semaine dernière dans un entretien que l'élan pris par l'AKP devrait lui permettre d'obtenir au moins 44 % à 45 % des voix, un seuil susceptible de le dispenser de former une coalition. « L'élection est sur le fil du rasoir (...). S'il faut faire une coalition, nos relations les plus étroites sont avec le CHP », a dit un responsable de l'AKP, ajoutant que la piste d'une alliance avec le Parti d'action nationaliste (MHP, extrême-droite) semblait sans issue.
Dénominateurs communs
Les partenaires occidentaux de la Turquie, les investisseurs et même une partie de l'électorat turc pensent que la formation d'une coalition gouvernementale serait exactement ce dont le pays aurait besoin car, tout en maintenant les responsables les plus expérimentés au pouvoir, elle permettrait d'atténuer les tendances autoritaires de Recep Tayyip Erdogan. Fermement ancré dans sa vision islamo-conservatrice de la politique, Recep Tayyip Erdogan n'a jamais caché son hostilité à l'égard du CHP, le parti du père de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk, bastion de l'élite laïque qu'il tient pour responsable des maux du pays. Mais, sur la plupart des sujets-clés, qu'il s'agisse de la nécessité d'une réforme économique et de la recherche d'une solution face à l'insurrection kurde dans le Sud-Est, les deux partis ont beaucoup de dénominateurs communs. « Une coalition AKP-CHP est actuellement la piste la plus sérieuse », a dit un haut responsable du CHP, tout en rejetant les affirmations de l'AKP selon lequel la tendance lui est favorable et en soulignant qu'Ahmet Davutoglu et Kemal Kilicdaroglu, chef de file du CHP, ont entretenu un « dialogue constructif » au mois de juin lorsque la question d'une alliance a été évoquée.
(Source : Reuters)


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