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Liban

Aux routes noyées et canalisations bouchées, s’ajoute la menace des maladies infectieuses

Intempéries
29/10/2015

Malgré les vœux pieux des habitants de Beyrouth et du Mont-Liban, qui espéraient matin et soir que la pluie suspende ses averses le temps que le gouvernement trouve le mécanisme adéquat afin de régler la crise des déchets, rien ne s'est passé comme ils le voulaient. Encore une fois hier, la pluie a pris le dessus, creusant par la force son chemin vers le littoral et ravageant sur son passage les bennes à ciel ouvert et les sacs-poubelles. Les détritus n'ont pas tardé à boucher en quelques minutes tous les canaux d'évacuation et les lits des fleuves, produisant des lacs et des mares d'eaux boueuses constellées d'ordures. Le phénomène a provoqué des embouteillages monstres, bloquant les automobilistes et les écoliers dans leurs autocars durant au moins une heure.


Ce sont les banlieues de la capitale qui ont surtout souffert, noyées dans des marécages sablonneux transformant le déplacement des piétons en vraie aventure, risquée en certains endroits. Des magasins, des entreprises, des maisons et des jardins ont été littéralement inondés. Les deux tunnels adjacents à l'aéroport ont été de même submergés par les eaux, bloquant les automobilistes intrépides dans une grande mare où toutes sortes de détritus flottaient. Une scène devenue récurrente à chaque averse, ce qui a obligé les Forces de sécurité intérieure (FSI) à fermer le passage souterrain à la circulation le temps que les équipes techniques puissent pomper l'eau et déboucher les trappes par lesquelles les pluies torrentielles pouvaient être évacuées.
L'autoroute de Nahr el-Mott était complètement congestionnée dans l'après-midi, emprisonnant des milliers d'employés tellement désespérés d'échapper aux embouteillages qu'ils ont essayé de rejoindre leurs domiciles en improvisant des itinéraires détournés encore plus embouteillés. Les regards des passants se dirigeaient laconiquement vers les sacs d'ordures éparpillés sur toutes les routes et, plus loin encore, vers les montagnes de déchets qui se mélangeaient à l'eau de pluie à l'entrée du port de Beyrouth, au niveau de la Quarantaine : un paysage désolant, annonciateur d'une catastrophe écologique et environnementale dont les effets seront très probablement irréversibles.


À chaque averse, le pays s'enfonce un peu plus dans le désarroi face à des responsables incompétents qui ne réalisent pas l'ampleur de la catastrophe qui s'abat sur le pays. L'eau, une ressource qui fait la richesse de la région, et une ressource indispensable à la vie de tous, est de jour en jour davantage contaminée à cause de son osmose toxique avec les déchets, faisant planer le spectre des maladies qui ne tarderont pas à s'annoncer aux prochaines pluies.

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PAUVRE PAYS ! PAUVRES LIBANAIS ! QUEL DESTIN VOUS RÉSERVE ENCORE L'HÉBÉTUDE INNÉE DES ABRUTIS ? MOUTONS ÉMANCIPEZ-VOUS ET PUNISSEZ AUX URNES... MAIS... JE SUIS SÛR QUE VOUS ÉLISEREZ LES MÊMES PANURGES DES MÊMES TRIBUS... ALLEZ... ON FAçONNE SON DESTIN AVEC SES ACTES...

George Khoury

c genial, on n'aura meme pas besoin de construire le barrage de janneh. Nos immondicites bloquerons les eaux de pluie et on nagera dans notre merde.

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