Du Parlement où il intervenait à la tribune, Maurice Gemayel est transporté à l’hôpital le 30 octobre 1970.
Le 15 décembre 1952, Maurice Gemayel donnait au Cénacle libanais une conférence ayant pour thème évocateur « Tel peuple, tel gouvernement ? Tel gouvernement, tel peuple ? » Pour lui, ce qu'il manquait profondément au Liban était une vision moderne. Et celle-ci manque toujours !
L'État visionnaire, c'est l'État de compétences. Personne ne doit être condamné à rester modeste, mais à l'inverse, nul ne peut prétendre être installé à vie dans un statut que son mérite ne justifie plus ! Il faut confier des responsabilités non pas à ceux qui estiment y avoir droit, non pas à ceux qui représentent une tendance, un clan, une amicale... mais à ceux qui le méritent. La richesse du Liban, ce sont les Libanais. À force de dire qu'il n'y avait rien à faire, nombre de Libanais ont émigré. Il faut que chacun comprenne qu'il a sa place et qu'il trouvera à utiliser ses talents. Personne ne doit avoir le sentiment d'être laissé de côté, d'être inutile, d'être isolé.
Un peuple visionnaire, c'est un peuple ouvert d'esprit et ambitieux qui ne renonce pas et qui tente. Réussir doit redevenir un objectif possible, atteignable, envisageable pour chacun. Réussir sa vie, réussir l'éducation de ses enfants, réussir sa famille : quelle plus grande et plus moderne ambition pour un jeune ? Il faut rajeunir notre pays, lui donner une nouvelle force et davantage de vitalité. Il faut démystifier l'échec qui est le rendez-vous possible de celui qui ose, qui essaye, qui tente, qui prend des risques. Le seul échec irrémédiable est bien celui qui consiste à renoncer à agir, c'est-à-dire à ne rien faire.
Pour construire ce nouveau modèle de réussite, il nous faut faire de l'éducation, du savoir, de l'intelligence, de la recherche, de l'innovation une priorité stratégique. Il s'agit de faire du système de formation libanais l'un des meilleurs au monde pour préparer nos enfants à la société de demain et pas à celle d'avant-hier ! C'est par le renouvellement des idées, par l'ouverture de nouveaux champs de la connaissance qu'un pays progresse. Un nouveau modèle de réussite ne pourra être bâti que si le travail est réhabilité et que chaque citoyen se sente engagé.
Pour résoudre les problèmes du Liban, il faut imaginer de nouvelles idées et débattre des solutions possibles en toute transparence sans continuer a se mentir et se haïr mutuellement. Il faut oser les idées nouvelles. Il nous faut une nouvelle vision pour le Liban de nos enfants !
Maurice Gemayel incarnait tout cela à la fois : une hyperactivité, une ouverture d'esprit, une tolérance à tout épreuve, un humanisme social, un esprit synthétique, une rigueur intellectuelle, une insatiable curiosité, un modernisme visionnaire, et même un modèle en lui-même et un exemple pour la jeunesse, ce sang nouveau dont le Liban a tant besoin. Pour tout cela, cheikh Maurice, tu es parti trop tôt ! Ou venu trop tôt !
Dr Fouad ABOU NADER


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Je parle ici de Maître Maurice bien sûr, et non de Sâmî....
17 h 52, le 15 avril 2016