Le gouvernement grec et les représentants de ses créanciers internationaux ont ouvert hier des discussions sur le rythme des réformes que la Grèce s'est engagée à mener dans le cadre du programme d'aide conclu cet été.
Les réformes adoptées vendredi dernier par le Vouli, le Parlement grec, prévoient notamment un abaissement des pensions de retraite, un report de l'âge du départ à la retraite, un renforcement des sanctions contre la fraude fiscale et une libéralisation du marché de l'énergie.
Les représentants des institutions européennes et du Fonds monétaire international devront se prononcer sur la mise en œuvre de ces réformes avant qu'Athènes puisse recevoir une enveloppe de trois milliards d'euros (3,4 milliards de dollars) d'aide.
Cette somme fait partie d'une tranche de 23 milliards d'euros (26 milliards de dollars), qui elle-même comprend 10 milliards d'euros (11,3 milliards de dollars) déjà versés à la Grèce pour couvrir le coût de la recapitalisation des banques du pays.
La prochaine série de réformes qu'Athènes devra mettre en œuvre comprend la mise en place d'une taxe agricole, la hausse de la fiscalité sur l'enseignement privé et la fusion de fonds de retraite, qui devrait se traduire par une nouvelle diminution du montant des pensions de retraite.
Un projet de recapitalisation des quatre principales banques grecques, dont le montant devrait être, selon certaines sources, inférieur à 20 milliards d'euros (22,6 milliards de dollars), sera « prochainement » soumis au Parlement, a indiqué le ministre des Finances, Euclide Tsakalotos. Les banques grecques ont vu fondre leurs réserves en capital sous l'effet conjugué des retraits effectués par les épargnants et d'une augmentation de leurs créances douteuses après cinq ans de récession.
Grève nationale
Malgré cette combinaison défavorable, la contraction de l'économie grecque ne devrait être que de 1,4 % cette année alors que de précédentes estimations tablaient sur 2,3 %. « Les conséquences (du contrôle des capitaux) n'ont pas été aussi graves que nous le craignions », a déclaré Tsakalotos devant les parlementaires. « C'est la raison pour laquelle les résultats du troisième et du quatrième trimestre de l'année seront meilleurs que nous le prévoyions », a-t-il ajouté. George Chouliarakis, vice-ministre des Finances, s'est même montré encore plus optimiste en estimant qu'une levée du contrôle des capitaux pourrait être envisagée au premier trimestre 2016 si l'économie se stabilisait moins d'un an après sa mise en oeuvre.
Un appel à la grève nationale dans le secteur public comme dans le privé a été lancé pour le 12 novembre pour protester contre les mesures d'austérité.
Le ministre du Travail, Georges Katrougalos, a déclaré que la réforme des retraites viendrait rationaliser et simplifier le système. « L'élément fondamental sera la mise en place d'un système national de retraite pour tous, financé par les impôts. Nous estimons que le poids du système national de retraites sera de 7 % du produit intérieur brut contre 9,5 % actuellement », a-t-il dit sur Antenna Television.
Athènes souhaite que l'examen des créanciers soit achevé le mois prochain et que les banques du pays soient renflouées avant la fin de l'année dans l'espoir de pouvoir ouvrir des discussions sur un allègement du fardeau de la dette publique. Depuis décembre 2014, les sorties de capitaux des banques grecques ont atteint quelque 40 milliards d'euros (45 milliards de dollars). Cette fuite s'est toutefois considérablement ralentie avec la mise en place de mesures de contrôle au mois de juin.
(Source : Reuters)

