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Technologies - Communication

Le message vocal instantané finira peut-être par s’imposer en Europe

Les messages vocaux font un carton en Chine ou au Brésil, mais leur usage reste extrêmement restreint en Europe. Des start-up tentent pourtant de les imposer dans notre quotidien.

Avec l’application Cord, il suffit d’appuyer sur la bulle du contact pour envoyer un mini-message vocal de 12 secondes maximum.

«Le voice messaging – envoyer de courts messages vocaux au lieu de SMS – a pris la Chine d'assaut, écrit Josh Horwitz, correspondant de Quartz en Asie. Montez dans un métro à Pékin et vous verrez des gens aboyer dans leur téléphone par intermittence, comme s'ils utilisaient des talkie-walkie». Les conversations WeChat – le réseau social aux 600 millions de membres – se résument bien souvent à une succession de messages vocaux, sans aucun texte.
Si la pratique peine à s'imposer dans de nombreux autres pays, elle est extrêmement répandue en Chine. La difficulté de taper en mandarin sur un clavier de smartphones y est sûrement pour quelque chose. Surtout, les Chinois «ont bien moins d'aversion pour les gens qui parlent fort en public que d'autres cultures», note Josh Horwitz. La pratique se développe aussi en Amérique latine et notamment en Argentine, où elle est également bien acceptée culturellement, et les millions d'adeptes de WhatsApp s'y convertissent peu à peu. La réticence à débiter à haute voix ses messages privés dans la rue, au travail ou dans les transports en commun séduit par contre beaucoup moins les Européens.
Le Français Thomas Gayno et son cofondateur Jeff Baxter, tous deux anciennes recrues de Google Creative Lab, ont fait le pari du voice messaging en lançant à New York en avril 2014 une application entièrement dédiée baptisée Cord. L'utilisateur y échange avec ses contacts uniquement à travers des «one tap voice chat» sur une interface simple où les contacts sont présentés sous forme de bulles avec leur photo de profil. Il suffit d'appuyer sur la bulle du contact pour lui envoyer un mini-message vocal, de 12 secondes maximum. Cord a levé 1,8 million de dollars en septembre 2014 auprès de Metamorphic Ventures, Lerer Hippeau Ventures, Google Ventures et des business angels de renom: Dave Morin, le PDG de Path, mais aussi les Français Xavier Niel, Thibaud Elziere et Pierre
Kosciusko-Morizet.
Si le premier marché de Cord est les États-Unis, un tiers de ses utilisateurs sont basés en Asie, principalement en Inde et en Chine, et 20% en Amérique latine, surtout au Brésil et en Argentine. L'application espère atteindre bientôt le million de téléchargements et, depuis son lancement, l'équivalent de deux ans de voix a transité par les serveurs de la start-up.

La communication asynchrone s'est imposée
Le message vocal instantané finira-t-il par se développer en Europe? Pour Thomas Gayno, «le monde entier est un marché potentiel du voice messaging... Ou en tout cas tous les pays où les gens sont à l'aise pour parler dans leur téléphone». Selon lui, si le SMS s'est tellement développé, ce n'est pas parce que les utilisateurs sont réticents face aux messages vocaux mais parce que «la communication synchrone (appels, vidéo chat) a perdu face à la communication asynchrone (SMS, messaging)» et qu'il n'existait pas encore d'interface adaptée et dédiée entièrement à la voix. Les SMS peuvent donc tout à fait désormais être remplacés par des messages vocaux envoyés de manière asynchrone. «La voix apporte plus de rapidité, mais aussi plus d'intimité, de nuance, de contexte, argue le CEO de Cord. Il y a moins de quiproquos qu'avec le texte.» Près de 80% des utilisateurs de Cord sont des «millenials». Peut-être le signe que la jeune génération adopte plus facilement ce nouveau mode de communication...

Les assistants personnels
Le développement des applications de voice messaging pourrait par ailleurs être boosté par celui des assistants personnels intelligents sur lesquels travaillent tous les géants du Web. Si les utilisateurs prennent pour habitude de parler à leur smartphone continuellement pour demander de réserver une table au restaurant, d'appeler quelqu'un ou de fixer un rendez-vous; si le marché des montres connectées explose et que les adeptes dictent leurs SMS à leur poignet, alors la voie pourrait être grande ouverte pour que le voice messaging entre dans les habitudes des Européens.

(Source : JDN)

«Le voice messaging – envoyer de courts messages vocaux au lieu de SMS – a pris la Chine d'assaut, écrit Josh Horwitz, correspondant de Quartz en Asie. Montez dans un métro à Pékin et vous verrez des gens aboyer dans leur téléphone par intermittence, comme s'ils utilisaient des talkie-walkie». Les conversations WeChat – le réseau social aux 600 millions de membres – se résument bien souvent à une succession de messages vocaux, sans aucun texte.Si la pratique peine à s'imposer dans de nombreux autres pays, elle est extrêmement répandue en Chine. La difficulté de taper en mandarin sur un clavier de smartphones y est sûrement pour quelque chose. Surtout, les Chinois «ont bien moins d'aversion pour les gens qui parlent fort en public que d'autres cultures», note Josh Horwitz. La pratique se développe aussi en...
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