L’euro vs panier de devises & vs USD
« Nous n'avons pas de cible de taux de change. » On ne sait combien de fois cette phrase a été prononcée par des officiels de la BCE depuis sa création. Ils n'ont donc pas de cible pour l'euro... mais, depuis quelques semaines, pourtant, ils ne pensent qu'à cela. L'euro qui avait beaucoup baissé de l'été 2014 au printemps 2015 a, depuis, pris une autre direction. Par rapport au point bas 2015, l'euro s'est apprécié de 8.7 % face à un panier de devises (+9.3 % face au dollar). Les modèles de la BCE associent à une appréciation de cette ampleur un choc baissier de près d'un point sur l'inflation et sur la croissance à deux ans par rapport à un scénario de stabilité du change. Mais est-ce bien pertinent de prendre le point bas de 2015 comme point de comparaison ? Vu les délais de transmission d'un choc de change, il est préférable de comparer la moyenne 2015 à la moyenne 2014. La conclusion est alors toute différente, car l'euro affiche alors une dépréciation de 7.5 % face au panier de devises et de 16 % face au dollar. Au total, le choc de change reste positif pour la croissance et l'inflation, quoique certainement moins qu'il y a trois ou six mois. Cela inquiète la BCE car elle pourrait avoir à réviser encore en baisse ses prévisions d'inflation (actuellement 1.1 % en 2016, 1.7 % en 2017). La réunion de la BCE jeudi va sans doute se solder par un statu quo, mais, en ouvrant la voie en septembre à une possible extension du QE, la BCE a créé des attentes. La BCE serait prête à faire plus, si le change devenait un facteur restrictif pour la reprise. À ce stade, ce n'est pas le cas.
Cet article est réalisé par Fidus


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