« Nous pouvons éviter les licenciements » à Air France : pour la première fois, François Hollande s'est prononcé hier contre des départs contraints, sans s'engager sur une baisse des taxes et cotisations, réclamée unanimement par la compagnie et ses syndicats. Le chef de l'État français avait jusqu'alors laissé le soin à son Premier ministre, Manuel Valls, de monter en première ligne sur le dossier Air France, brûlant depuis les violences ayant suivi l'annonce en début de mois d'un plan social menaçant jusqu'à 2 900 emplois, sur 52 500 recensés fin 2014.
Le PDG d'Air France-KLM a déclaré dimanche que près d'un millier d'emplois seront supprimés en 2016 – sur les 2 900 –, principalement par des départs volontaires.
« Nous pouvons éviter les licenciements », a déclaré François Hollande sur RTL, avant de lancer la conférence sociale. « Je demande aussi bien à la direction qu'aux partenaires sociaux d'être responsables », a-t-il dit. Ils seront évités « si les pilotes font le nécessaire, si la direction fait des propositions, si le personnel au sol prend conscience de certaines réalités », a-t-il insisté.
Ces déclarations interviennent trois jours avant un comité central d'entreprise (CCE) d'Air France, où la direction doit détailler sa stratégie industrielle et ses conséquences à court terme sur l'emploi. « Jeudi, il y a une réunion très importante, et je propose que la direction avec les organisations syndicales fassent les efforts nécessaires pour arriver à la compétitivité, parce que s'il n'y a plus de compagnie, il n'y aura plus d'emploi », a dit M. Hollande hier.
La déclaration ne manquera pas d'interpeller les syndicats et la direction, qui appellent depuis plusieurs semaines l'État à agir pour restaurer la compétitivité d'Air France, notamment via des baisses de prélèvements et des redevances aéroportuaires. Le patron d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a ainsi demandé dimanche aux autorités « des armes pour nous battre », face notamment à la concurrence des compagnies du Golfe : « Si on pouvait faire 200 millions d'euros (226 millions de dollars) d'économies sur les cotisations sociales (en France), ce serait bien. »
Le SNPL, majoritaire chez les pilotes d'Air France, a réclamé dimanche dans un communiqué « un environnement économique rendu, si ce n'est favorable, au moins juste par celui qui fait les règles du jeu, l'État ».
(Source : AFP)
Économie - France
Air France : Hollande contre les licenciements
OLJ / le 20 octobre 2015 à 00h00

