Le procès en Suisse d'Hervé Falciani, l'ex-informaticien franco-italien de la banque HSBC-Suisse accusé d'espionnage économique, s'est ouvert hier mais a été aussitôt ajourné en raison de l'absence de l'accusé, qui s'est toujours posé en « lanceur d'alerte ».
Le Tribunal pénal fédéral, situé à Bellinzone dans le sud de la Suisse, a suivi la réquisition du procureur qui a demandé l'ajournement du procès. L'ex-informaticien, qui avait annoncé qu'il ne viendrait pas à son procès Bellinzone, sera convoqué une deuxième fois. La prochaine audience de la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral est fixée au 2 novembre prochain. Selon les règles légales, si M. Falciani ne vient pas à cette deuxième convocation, le tribunal devra le juger par défaut.
M. Falciani est poursuivi par le procureur général de la Confédération « pour soustraction de données (art. 143 CP), service de renseignements économiques (art. 273 CP), violation du secret commercial (art. 162 CP) et violation du secret bancaire (art. 47 LB) ». Le procureur fédéral suisse lui reproche « d'avoir, de 2006 à 2008, copié des données bancaires de son employeur », qui était alors la banque HSBC à Genève, « pour ensuite, de 2008 à 2014, les rendre accessibles à des entreprises privées et des organismes publics de plusieurs pays », dont les autorités fiscales françaises.
Tout commence à Genève, en 2006, lorsque Hervé Falciani est engagé par la banque HSBC où il travaille au service informatique. Selon l'acte d'accusation, Hervé Falciani a, sous l'identité créée de Ruben al-Chidiak, profité de ses connaissances pour déchiffrer les données de la banque et les diffuser à des tiers dans le but de s'enrichir. En tout, des milliers de fichiers ont été divulgués. Hervé Falciani est accusé d'avoir transféré les données sur son ordinateur d'octobre 2006 jusqu'à son interpellation le 22 décembre 2008.
Ses révélations ont permis de découvrir des milliers d'évadés fiscaux dans le monde. Et il se présente, lui, comme un « lanceur d'alerte », et il a annoncé il y a plusieurs semaines dans les médias suisses qu'il n'assisterait pas à son procès, vu qu'il risquait d'être arrêté.
L'affaire Falciani a provoqué une crise entre Berne et Paris, lorsqu'il est apparu que les données transmises par l'ex-informaticien avaient été utilisées par le fisc français.
Après un premier interrogatoire de la police genevoise concernant ses activités, Hervé Falciani avait quitté la Suisse en décembre 2008. Il avait été ensuite arrêté en 2012 à Barcelone mais avait été remis en liberté, l'Espagne ayant refusé la demande d'extradition de Berne. La France refuse également de l'extrader.
(Source : AFP)

