Ne trouvez-vous pas qu'il y a une délicieuse ironie du sort dans la campagne « Vous puez ! » ?
Une occasion inespérée pour enfin mettre les mots justes sur une classe politique, sans aucune exception, qui depuis bien trop longtemps s'est montrée incapable de diriger un pays pas plus grand qu'un mouchoir de poche. Imaginons un seul instant un pays moderne dont le Premier ministre précipiterait du jour au lendemain une conférence de presse sur les enlèvements des ordures ménagères ? Cela est tellement surréaliste que la seule chose qui me vient immédiatement à l'esprit est : non, mais allô quoi ? ! Je souhaite à tous d'avoir la chance de devenir Premier ministre libanais parce qu'apparemment c'est tranquille et pépère. C'est un boulot de président de conseil départemental en France au pire, et au mieux bourgmestre en Belgique. Une charge de dossiers de malade !
Ce n'est pas comme si nous vivions en autarcie avec des voisins pas vraiment sympas qui chercheraient assez souvent à nous foutre toutes leurs poubelles sur la gueule.
Remarquez, la France a bien élu à sa tête le président du département de la Corrèze. La Corrèze, j'ai regardé sur Wikipedia, c'est 5 800 km2 (NDLR : deux fois moins que le Liban). Sauf que les problèmes du gars qui est maintenant chef des armées en France, ce ne sont pas tellement si les ordures dans les rues de Marseille ne sont pas ramassées, mais plutôt la sécurité du territoire, la crise économique mondiale... Des problèmes à la hauteur de ses fonctions, en somme.
Et nous, au Liban ? Eh bien nous avons une classe politique qui veut tout faire. Protéger les frontières, contrôler les flux migratoires, assurer la sûreté du territoire, fournir l'électricité 24h/24, rendre la justice, garantir un espace public salubre, monter des appels d'offres et demain ce sera quoi ? Légiférer sur la hauteur réglementaire des poils de brosses à nettoyer... ?
Dans la plupart des cas, à vouloir tout faire en même temps et avec aussi peu de compétences, on fait soit n'importe quoi, soit rien du tout. Nous on a de la chance : on a les deux, du rien et du n'importe quoi.
Je n'ai rien contre un politicien en particulier et surtout pas Tammam Salam que je trouve aussi peu convaincant que tous ses prédécesseurs, toutes confessions confondues. Leur problème est que le Liban n'a jamais été un État moderne qui se respecte, car ces personnes n'ont jamais pigé que l'État libanais ne peut et ne doit qu'assurer ses fonctions régaliennes... et rien d'autre.
L'État omnipotent libanais a vécu. S'il a jamais existé.
Damien
Expatrié français au Liban


Cher Damien, Le Liban avait bien existé entre 1920 et 1943 lorsque la paix française lui avait été accordée. Il avait existé tant bien que mal de 1943 à 1969. Il a moins existé depuis 1969 date du sinistre Accord du Caire. Il n'a presque plus existé depuis 1975, avec l'invasion syrienne. Depuis 2005, le Liban a cessé d'exister puisqu'il est occupé par une milice d'allégeance étrangère.
19 h 58, le 12 octobre 2015