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Culture - Théâtre

Parce que l’amour ne se commande pas...

Marivaux dépoussiéré et son « Arlequin poli par l'amour » remixé rock-baroque-cabaret par un jeune metteur en scène français de talent. C'est ce soir encore sur les planches du Monnot*.

Baroque, rock, poétique et visuel, un conte de fées au tempo contemporain. Photo Arnaud Bertereau

Six panneaux irisés en fond de scène devant lesquels se balancent, suspendues à des fils, six ampoules à la lumière jaune scintillante évoquant des lucioles (ou des chandelles dans la pénombre) ouvrent le spectacle sur une note poétique. Et sous une pluie de confettis dorés. D'emblée la scénographie séduit. Et laisse présumer le rôle qu'elle joue dans le succès de cette pièce (présentée à Beyrouth à l'initiative de l'Institut français). Une comédienne apparaît, avance vers le premier panneau, ramasse un livre ouvert sur le sol et, à la lumière de la suspension, se plonge dans sa lecture. Un comédien la suit, répète les mêmes gestes et prend place au niveau du second panneau. Idem pour les 4 autres acteurs/actrices qui successivement vont se placer, en file indienne, livre à la main, pour introduire ce petit conte d'un autre temps, cette fantaisie féérique de Marivaux que Thomas Jolly, Molière du meilleur metteur en scène pour son Henri VI de Shakespeare, a visiblement pris grand plaisir à revivifier. Car son Arlequin poli par l'amour vibre d'un dynamisme revigorant, qui transforme cette comédie du XVIIIe siècle en un spectacle visuel très rock-baroque...
À l'origine Arlequin poli par l'amour est une petite pièce en un acte, l'une des premières de Marivaux, écrite en prose et dans une langue simplifiée et concise par l'auteur français pour des comédiens italiens dont il appréciait le jeu. L'intrigue est simple : une fée tombée sous le charme d'Arlequin, un jeune berger d'une grande beauté, l'enlève et fait tout pour le séduire. Malheureusement, « le beau brunet » est totalement dénué de la moindre parcelle d'esprit. Déçue, elle espère quand même que l'amour le rendra intelligent, et déploie, pour cela, tout ce qui est en son pouvoir pour capter son attention : roucoulades, sérénades, danses, divertissements... Rien n'y fait. Jusqu'au jour où il croise Sylvia, jeune bergère dont il tombe instantanément amoureux. Et là, le miracle se produit. L'amour va transformer le niais Arlequin en homme affirmé. Et la fée aura beau essayer de séparer les deux tourtereaux, elle n'y parviendra pas. L'amour ne se commande pas.
Sur cette trame simple, pour ne pas dire simpliste, Thomas Jolly a composé une mise en scène pétulante, mixant burlesque et cabaret (notamment dans les attitudes et rôles des personnages féminins), rythmes rock, danses, culbutes, chansonnettes, drôlerie et... philosophie. Car sous la comédie amoureuse et le conte de fées, se cache une réflexion sur l'enthousiasme de la jeunesse et ses inévitables désillusions, sur la violence de l'amour et de la jalousie, mais également sur le goût du pouvoir qui corrompt tout, même et surtout la pureté des sentiments... Tout cela est transmis – avec quelques longueurs et répétitions – au moyen d'une mise en scène très proche de la mise en images. Car si le jeu de cette jeune troupe est enlevé, c'est la beauté et l'ingéniosité des effets scéniques, notamment des créations lumière, qui font véritablement l'attrait de ce sympathique marivaudage à la sauce Jolly. À découvrir assurément.

Carte de visite

Âgé d'à peine 30 ans, Thomas Jolly a enthousiasmé Avignon l'année dernière avec son Henry VI d'une durée de 18h, pour lequel il vient d'être récompensé du Molière du meilleur metteur en scène. Il est actuellement l'un des artistes les plus prometteurs de la jeune génération théâtrale en France. Avec, au cœur de sa démarche, un théâtre « exigeant, populaire et festif » qui s'adresse à un public d'origines et d'âges divers. Maîtrisant la lumière et la scénographie, il sait transmettre à sa compagnie de jeunes acteurs, baptisée Piccola Familia, sa joie contagieuse, son goût du jeu et son imagination débordante qui lui permettent de créer des images d'une grande puissance. Il est, depuis 2014, artiste associé au Théâtre national de Bretagne et s'associera à partir de 2016 au Théâtre national de Strasbourg.

*Rue de l'église St-Joseph. Dernière représentation ce soir, à 20h30.
Billets en vente 40 000 LL et 25 000LL (prix étudiants) à Antoine Ticketing.

Six panneaux irisés en fond de scène devant lesquels se balancent, suspendues à des fils, six ampoules à la lumière jaune scintillante évoquant des lucioles (ou des chandelles dans la pénombre) ouvrent le spectacle sur une note poétique. Et sous une pluie de confettis dorés. D'emblée la scénographie séduit. Et laisse présumer le rôle qu'elle joue dans le succès de cette pièce (présentée à Beyrouth à l'initiative de l'Institut français). Une comédienne apparaît, avance vers le premier panneau, ramasse un livre ouvert sur le sol et, à la lumière de la suspension, se plonge dans sa lecture. Un comédien la suit, répète les mêmes gestes et prend place au niveau du second panneau. Idem pour les 4 autres acteurs/actrices qui successivement vont se placer, en file indienne, livre à la main, pour introduire ce petit...
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PUISQUE ON PARLE DE FÉES ET DE BERGER... À 220 MÈTRES DE MON OBSERVATOIRE ASTRONOMIQUE, ET SUR UN DES PIEDS DE LA MAJESTUEUSE MONTAGNE DU PIC DU MÉNALE, SOURDE LA FAMEUSE SOURCE AUX NYMPHES RENOMMÉE DEPUIS L'ANTIQUITÉ. ELLE M'A INSPIRÉ CES VERS : LA SOURCE AUX NYMPHES DANS UN BOSQUET RÉSERVÉ, SOURDE UNE ALLÈGRE FONTAINE. SON TROUPEAU POUR ABREUVER, L'AUDACIEUX BERGER Y MÈNE. PENTES ET FLANCS ESCARPÉS, DU MAJESTUEUX MÉNALE, DE SENTES ENTRECOUPÉS ET S'INCLINANT EN SPIRALE, VIENNET BAISER LES ARCADES DE LA SOURCE Où LES DRYADES, AU PLAISANT REFLET DISTINCT QUE SÉLÈNE LEUR PROJETTE, CÉLÈBRENT LEUR GRANDE FÊTE, ET, SE SOÛLANT D'EXQUIS VIN, DANSENT AU CLAIR DE LA LUNE ; TELS NOS COEURS QUI LA FORTUNE PRENAIENT POUR ACQUIS CERTAIN ; - LES NAYADES DE NEPTUNE LES JALOUSERAIENT EN VAIN.

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

09 h 33, le 03 octobre 2015

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  • PUISQUE ON PARLE DE FÉES ET DE BERGER... À 220 MÈTRES DE MON OBSERVATOIRE ASTRONOMIQUE, ET SUR UN DES PIEDS DE LA MAJESTUEUSE MONTAGNE DU PIC DU MÉNALE, SOURDE LA FAMEUSE SOURCE AUX NYMPHES RENOMMÉE DEPUIS L'ANTIQUITÉ. ELLE M'A INSPIRÉ CES VERS : LA SOURCE AUX NYMPHES DANS UN BOSQUET RÉSERVÉ, SOURDE UNE ALLÈGRE FONTAINE. SON TROUPEAU POUR ABREUVER, L'AUDACIEUX BERGER Y MÈNE. PENTES ET FLANCS ESCARPÉS, DU MAJESTUEUX MÉNALE, DE SENTES ENTRECOUPÉS ET S'INCLINANT EN SPIRALE, VIENNET BAISER LES ARCADES DE LA SOURCE Où LES DRYADES, AU PLAISANT REFLET DISTINCT QUE SÉLÈNE LEUR PROJETTE, CÉLÈBRENT LEUR GRANDE FÊTE, ET, SE SOÛLANT D'EXQUIS VIN, DANSENT AU CLAIR DE LA LUNE ; TELS NOS COEURS QUI LA FORTUNE PRENAIENT POUR ACQUIS CERTAIN ; - LES NAYADES DE NEPTUNE LES JALOUSERAIENT EN VAIN.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 33, le 03 octobre 2015

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