Revenant sur l'attentat perpétré le 1er octobre 2004 et qui a failli lui coûter la vie, le député Marwan Hamadé affirme, dans un entretien accordé à Radio-Orient, qu'il s'agissait là d'un « premier avertissement » qui, « s'il avait été entendu », aurait peut-être sauvé la vie à un Rafic Hariri « rassuré ».
« Nous ne pouvons aujourd'hui que nous réconforter les uns les autres pour tous les martyrs d'une révolution qui se poursuit, et qui ne s'arrêtera pas avant que les Arabes n'éradiquent le microbe qui infeste Damas, et dont la source se trouve dans une autre capitale régionale, Téhéran », a-t-il ajouté.
« Nous sommes en présence d'une seule et même série d'assassinats, dont le dernier est celui de Mohammad Chatah qui, j'en suis persuadé, n'a pas eu droit à une enquête en règle », a poursuivi M. Hamadé. Et le parlementaire d'ajouter que « le professionnalisme des tueurs » les a mis à l'abri des enquêteurs et a probablement « rendu vaine la recherche des indices ». Mais « l'intention criminelle est claire, l'élimination physique et intellectuelle de tout autre projet ou vérité » que celui des assassins. « Nous sommes en présence d'un projet fasciste rampant et de longue haleine qui s'étend du Yémen à l'Irak et à la Syrie », a-t-il insisté.
« Le Liban est toujours à moitié occupé, a enchaîné M. Hamadé, mais cette fois, c'est par des forces locales, une véritable mafia qui dispose d'une armée aguerrie et est devenue une puissance régionale. »
« Certes, la justice internationale bouge (...) mais le problème se trouve au niveau des enquêteurs libanais qui s'arrêtent aux frontières de l'hégémonie internationale exercée sur le Liban, une hégémonie qui intimide la magistrature libanaise et domine les services de sécurité libanais, et qui jouit de périmètres de sécurité à l'intérieur desquels personne ne peut être interrogé », a répondu M. Hamadé au micro de Radio-Orient.
Au sujet de l'entretien qu'il avait eu avec le secrétaire général du Hezbollah, au lendemain de l'attentat qui l'a visé, M. Hamadé s'est dit « certain » que « la Résistance ne s'est pas laissé aller à des règlements de comptes internes ». « Il n'en demeure pas moins que nous avons vu le sort réservé aux leaders du Parti communiste et à tous ceux qui ont participé à la Résistance, dont on a fait une chasse gardée iranienne », a-t-il ajouté.
M. Hamadé a rappelé que la confusion au sujet de l'identité des tueurs est née du fait que la voiture piégée qui l'a visé provenait de la banlieue sud, et précisément d'un garage possédé par une famille proche du Hezbollah. « Mais, a-t-il commenté, Hassan Nasrallah a démenti catégoriquement toute volonté du parti de me nuire, sans nier toutefois un rôle éventuel de la Syrie. » Au sujet de la guerre en Syrie, M. Hamadé a affirmé : « Je ne vois pas du tout d'attaques contre Daech (le groupe État islamique), je ne vois rien d'autre que des attaques contre le peuple syrien et la communauté sunnite, aussi bien à Rastane que dans le rif de Homs et de Hama. Je vois des opérations programmées pour pousser à l'exode les populations sunnites de ces régions. Ils tentent aujourd'hui de nettoyer démographiquement des régions de ce pays pour en faire un fief à la wilayat el-fakih. »
Le drame de La Mecque
Dans une autre déclaration, M. Hamadé a dénoncé « l'exploitation bon marché » que l'Iran a fait de la catastrophe de La Mecque, et sa manière « d'anticiper les résultats de l'enquête et d'engager la responsabilité de l'Arabie saoudite », bien que les indices « pointent dans une autre direction ». Ces accusations s'inscrivent, selon M. Hamadé, « dans la bataille visant à falsifier et dénigrer tout ce qui est authentiquement arabe, en paroles ou en actes ».

