Le ministère grec des Finances a annoncé hier de nouveaux assouplissements au contrôle des capitaux, trois mois après son entrée en vigueur, alors que pour la première fois depuis un an, de l'argent est revenu dans les banques en août.
Parmi les mesures les plus spectaculaires, si un ménage rapatrie en Grèce de l'argent placé à l'étranger, il pourra en retirer 10 %, alors que pour les autres, la limite de retrait hebdomadaire en liquide reste fixée à 420 euros (471 dollars).
Cet amendement vise à inciter au retour dans le pays des fonds qui avaient massivement été transférés à l'étranger après l'arrivée au pouvoir en janvier du premier gouvernement de gauche radicale connu par le pays, sur fond de bras de fer entre Athènes et ses bailleurs de fonds, UE et FMI. Le contrôle du crédit, instauré le 29 juin dans le pays, a fait cesser net l'hémorragie de capitaux qui s'est emparée du pays fin 2014 à la perspective de l'arrivée du parti de gauche radicale Syriza au pouvoir.
Puis, la fuite de l'argent a continué, en raison de la grande tension régnant entre le gouvernement grec et les créanciers du pays, qui avait fait craindre une sortie de la Grèce de l'euro. Rien qu'en janvier, mois d'élection de Syriza, le flux négatif sur l'épargne privée s'est établi à 12,8 milliards d'euros (14,37 milliards de dollars). L'instauration du contrôle des capitaux l'a fait chuter à 1,5 milliard d'euros (1,68 milliard de dollars). Et en août, alors que la Grèce s'est entendue avec ses créanciers sur un troisième plan d'aide au pays, le solde a été positif pour la première fois depuis septembre 2014, à hauteur de 449 millions d'euros (504 millions de dollars). D'où la possibilité d'assouplir peu à peu le contrôle, dans un pays revenu au calme.
Pour redonner du tonus au marché immobilier, les nouvelles mesures accordent aussi aux détenteurs de comptes bloqués la possibilité d'en retirer la somme correspondante pour l'achat d'un bien. Les épargnants détenteurs de tels comptes pourront aussi en retirer 1 800 euros (2 022 dollars) par mois pour leurs frais quotidiens, s'ils ne disposent pas de ce montant sur leur compte courant.
Les investisseurs retrouvent également la possibilité de placer à l'étranger des revenus de dividendes ou ventes d'actions qui avaient été gelés en Grèce par l'imposition du contrôle des capitaux.
Selon le ministre de l'Économie, Georges Stathakis, la levée du contrôle est envisagée pour la fin de l'année, une fois opérée la recapitalisation des banques.
(Source : AFP)

