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Économie - Commerce

L’Iran, futur centre régional des « malls »

L’Iran a une population éduquée particulièrement friande de produits de marques étrangères. Atta Kenare/AFP

Les immenses centres commerciaux à l'américaine ont poussé comme des champignons en Iran ces dernières années et la future levée des sanctions internationales pourrait encore doper leur activité, transformant la République islamique en géant commercial du Moyen-Orient.
En cinq ans, quelque 400 complexes commerciaux ultramodernes de plusieurs étages ont fait leur apparition à travers le pays, dont 65 à Téhéran. Deux centres commerciaux iraniens, l'un à Ispahan (centre) et l'autre à Chiraz (Sud), se classent parmi les dix plus importants au monde en termes de surface commerciale, derrière les géants du genre en Chine mais devant ceux de Dubaï, selon un classement publié en août par la revue Business Benchmark Middle East.
Si le concept de centre commercial couvert prend sa source au Moyen-Orient avec les bazars situés dans le centre des villes, c'est aux États-Unis, pays qualifié de « grand satan » par l'ayatollah Ali Khamenei, que sont nés dans les années 1950 les « malls », ces complexes modernes à la périphérie des villes imaginés par un juif viennois, Victor Gruen. Ils ont essaimé en Iran, aidés paradoxalement par les sanctions internationales, imposées depuis 2006 au pays pour éviter qu'il ne se dote de l'arme nucléaire. Ces restrictions ayant rendu difficile de miser sur d'autres secteurs tels le logement, les plus gros investisseurs iraniens, dont les banques, « se sont tournés vers les malls », a expliqué à l'AFP l'économiste Mohammad Gholi Yousefi de l'université de Téhéran. Et la fréquentation a suivi, les Iraniens, attirés par la nouveauté et la diversité, adoptant ainsi de nouveaux modes de consommation, sans abandonner pour autant les traditionnels bazars.
« Quand les sanctions vont être levées et que davantage d'investisseurs entreront sur le marché, on s'attend à ce que l'Iran devienne le centre commercial de la région », prédit M. Gholi Yousefi. Les nouveaux produits occidentaux devraient alors être plus facilement commercialisés dans ces complexes.
L'Iran – 79 millions d'habitants dont de nombreux jeunes – « a une population éduquée avec une soif inassouvie pour les produits de consommation de marque étrangère », notait récemment le cabinet d'audit américain PricewaterhouseCoopers (PwC). Les circuits d'approvisionnement en produits occidentaux seront simplifiés, permettant une baisse des prix.
Pour l'instant, nombre de ces produits entrent en contrebande de Turquie ou de Dubaï à des prix surévalués. « Nos produits proviennent des réseaux que nous avons utilisés ces dernières années, certains officiels, d'autres non », explique Saeid Baghayi, vendeur de matériel électronique dans le centre commercial Charsou récemment sorti de terre à Téhéran. « Nous rencontrons des problèmes », surtout pour « les pièces de rechange qui arrivent à des prix élevés », poursuit-il.
La fin des sanctions prévue en 2016 suscite donc beaucoup d'espoir chez Majid Lak, dont le groupe de mode Caspian représente de grandes marques telles que Waikiki ou Benetton. « De nombreuses grandes entreprises mondiales de mode ne commercent pas avec nous », dit-il, avant d'ajouter : « Mais nous voulons être connectés au monde. »
Ali NOORANI/AFP

Les immenses centres commerciaux à l'américaine ont poussé comme des champignons en Iran ces dernières années et la future levée des sanctions internationales pourrait encore doper leur activité, transformant la République islamique en géant commercial du Moyen-Orient.En cinq ans, quelque 400 complexes commerciaux ultramodernes de plusieurs étages ont fait leur apparition à travers le pays, dont 65 à Téhéran. Deux centres commerciaux iraniens, l'un à Ispahan (centre) et l'autre à Chiraz (Sud), se classent parmi les dix plus importants au monde en termes de surface commerciale, derrière les géants du genre en Chine mais devant ceux de Dubaï, selon un classement publié en août par la revue Business Benchmark Middle East.Si le concept de centre commercial couvert prend sa source au Moyen-Orient avec les bazars situés...
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