Des « mourabitat » protestant contre la présence de juifs sur l’esplanade des Mosquées. Ahmad Gharabli/AFP
Règles révisées pour ouvrir le feu, répression renforcée contre les mineurs : le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a « déclaré la guerre » hier aux lanceurs de pierres après trois jours de violences sur le site très sensible de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem.
« Nous déclarons la guerre aux lanceurs de pierres et d'engins incendiaires », a lancé M. Netanyahu sur les lieux où un Israélien de 65 ans, Alexander Levlovitz, s'est tué en perdant le contrôle de son véhicule dans la nuit de dimanche à lundi, apparemment à la suite de jets de pierres. M. Netanyahu souhaite notamment un renforcement de l'arsenal répressif contre ceux qui lancent des pierres, des engins incendiaires, des pétards ou des bombes artisanales sur des policiers et des civils. Le gouvernement va ainsi se pencher sur de nouvelles règles commandant l'ouverture du feu par les membres des forces de sécurité. Il va examiner des peines minimales contre les lanceurs de pierres ou de cocktails Molotov, et de lourdes amendes contre les mineurs (que sont souvent les lanceurs de pierres), mais aussi leurs parents. « Les pierres tuent et nous voulons qu'une personne arrêtée pour en avoir jeté soit considérée comme quelqu'un ayant en main une arme mortelle », a dit la ministre de la Justice Ayelet Shaked sur la radio militaire. Le président palestinien Mahmoud Abbas a en retour accusé M. Netanyahu de « mener une guerre féroce et implacable à Jérusalem ».
La journée d'hier a été émaillée de plusieurs incidents, comme des échauffourées entre policiers israéliens et gardiens sur le site. Ailleurs à Jérusalem-Est, des Palestiniens ont lancé des pierres sur le tramway dans le quartier de Chouafat, selon la police. Et à Issawiya, des membres des forces de l'ordre ont tiré sur un Palestinien qui était sur le point, selon la police, de leur jeter une bombe incendiaire. Aucune information n'était disponible dans l'immédiat sur son état. Des groupes de juifs ont en outre fait le tour de l'esplanade sous très haute protection et sous les invectives de quelques musulmans. En vertu des règles tacites qui régissent le site depuis 1967 (« statu quo »), les musulmans peuvent aller sur le site quand ils veulent, et les juifs seulement pour quelques heures, et pas pour prier.
Le maire de Jérusalem Nir Barkat a estimé à cet égard que les dernières tensions étaient le résultat de « rumeurs » qui circulent parmi les Palestiniens. « Les gens disent qu'Israël veut changer le statu quo (...) ce n'est pas vrai », a-t-il dit aux journalistes. M. Netanyahu, à la tête d'un gouvernement de droite dont certains membres ont ouvertement défendu le droit des juifs à prier sur ce site, a aussi réaffirmé n'avoir aucune intention de toucher au statu quo. Mais il a assuré « qu'on ne laissera pas les émeutiers empêcher les juifs de visiter le mont du Temple ».
(Source : AFP)

