Joseph Eid/AFP
À Byblos, la demoiselle d'Avignon en peignoir
Épatante, la petite bonne femme ! Les spectateurs de tout âge, de tout milieu criaient « Mireille, Mireille » et refusaient de quitter les gradins au Festival de Byblos. Oui, la demoiselle d'Avignon au look immuable a conquis le public libanais qui lui a réservé une standing ovation. Ne voulant pas qu'elle s'en aille, il l'a appelée et rappelée pour un bis, un ter et au-delà. Si bien qu'à la fin, Mireille Mathieu est réapparue sur scène en peignoir, pieds nus... Inattendu ? Pas vraiment. La même scène s'est déroulée à Vienne, en mars dernier.
Militants végans, Rodrigo Y Gabriela ont fait leur homework avant de débarquer. Ils ont surfé sur tous les sites bio, genre new earth, existant au Liban et donné l'indice détaillé d'un panier de commissions qui devait les attendre à l'hôtel Byblos-sur-Mer, raconte Nagi Baz.
À Jounieh, chevauchée rock et humour
Pantalon noir, tee-shirt noir, regard fauve avec des éclats bleus, l'ex-idole des jeunes, icône de tous, n'avait rien, mais alors rien de l'image de fonceur ou de casse-cou, aux allures de cow-boy lancé dans une chevauchée rock, à laquelle s'attendait Amine Abi Yaghi. C'était tout le contraire. « Ça m'a rendu perplexe, inquiet même, et je me suis demandé si ce Johnny Halliday allait pouvoir assumer ». À Jounieh, le soir du concert, alors que le spectacle allait commencer, la star s'est cloîtrée dans sa loge. Vingt longues minutes. Durant lesquelles les organisateurs ont sué de peur et d'angoisse. Mais que faisait-il ? Il ramassait ses forces ? Il méditait ou il s'évadait pour décoller ? On ne le saura pas. Mais sur scène, il semblait avoir bouffé du dinosaure.... En gros, Johnny a ses habitudes mais rien de délirant. Au Liban, il l'a joué simple: dîner Chez Sami, déjeuner à la table d'Oum Charif... et virée pour sa femme Laeticia dans les boutiques d'artisanat. Une seule exigence : pas question que le moindre petit caillou vienne gripper la machine. Avec lui, c'est carré, pro jusqu'au bout de la guitare.
De l'humour sur mesure.
Jamel Debbouze a atterri au cœur d'une actualité difficile. Particulièrement désireux d'adapter une partie de son one-man-show aux centres d'intérêt des Libanais, l'humoriste français et champion de l'improvisation a mené une investigation serrée auprès des organisateurs et de leurs équipes. Comme un vrai pro, il a posé une tonne de questions sur la politique libanaise, ses incohérences et ses contradictions, la crise des déchets, etc. Il y avait tant à dire ! Un seul caprice pour se produire : un jet privé aller-retour Calvi-Sainte-Catherine- Beyrouth !
Un rituel avant de monter sur scène pour Angus et Julia Stone : s'enfiler des shots de whiskey et chanter Bloodbuzz de The National pour s'échauffer la voix. Mais il y avait comme de l'électricité dans l'air entre eux. Visiblement, le duo frère et sœur australien, qui s'est reformé sous la houlette du célèbre producteur Rick Rubin après un break de quatre ans consacrés à des projets solo, n'était pas dans son meilleur jour. Off stage, leur bouille d'ange était boudeuse. Ça arrive « In the Best Families ».
Ziad à Zouk et Gloria à Ehden
Dès la sortie de la programmation du Festival de Zouk et le lancement de la billetterie, la soirée de Ziad Rahbani a été sold out. Un artiste, dit-on, difficile à gérer ? Zalfa Boueiz a fait preuve de dextérité en le caressant dans le sens du poil, en s'adaptant à son rythme et à sa façon de travailler. Toutefois, elle regrette qu'il n'ait pas accepté l'idée d'engager un photographe pour filmer le concert à l'aide d'un drone. Phobie des caméras, Ziad ?
Au Festival d'Ehden, Gloria Gaynor a entonné I Will Survive comme un hymne au Liban, sous un tonnerre d'applaudissements. Un concert inoubliable à l'issue duquel la Disco Queen a offert au ministre Sleiman Frangié un CD spécial « limited edition ».
À Batroun, les body guards d'Aznavour et super DJ Rodge...
Les organisateurs peuvent rarement refuser les demandes particulières stipulées dans les riders (cahier des charges des artistes). Ces dernières années, une rumeur a couru dans le milieu : un chanteur petit de taille mais très grand par le talent exigeait qu'on lui remette quelques caisses ou bouteilles de grand cru (deux à quatre mille dollars l'une) dans sa loge avant de monter sur scène. Peut-être pour les déguster avec La Mama ou les offrir À ma fille... Plus que les artistes, ce sont souvent leurs équipes de prod qui ont des exigences délirantes, leur permettant de justifier leur boulot. Cette année, Charles Aznavour a été sage ! Il s'est débarrassé, il faut dire, de son ancien manager. Au Festival de Batroun, il n'a réclamé que deux voitures et quatre body guards. Et les frais de ses consommations au Four Seasons n'ont atteint que la somme modique de 1 100 dollars. Pour deux nuitées.
Parce que peu de billets ont été vendus pour la soirée, DJ Rodge a refusé de toucher le versement intégral de son cachet, raconte Sayed Fayad. Il faut dire que la grande manif du 29 août s'est invitée au mauvais moment...
À Beiteddine, la divine Netrebko
Juan Diego Florez. C'est le Sentimiento latino. Il n'a pas seulement la passion du chant et le charme du timbre. Mais dans une tonalité plus élevée, il a fait la cour à toutes les femmes qu'il croisait. Il a raison : elles sont toutes dignes d'intérêt !
Il y a de l'amour dans l'air quant la très glamour Anna Netrebko arrive ! L'incomparable diva a répandu son bonheur comme une traînée de poudre sur la scène de Beiteddine et à l'hôtel Mir Amine où elle roucoulait avec son fiancé, le ténor azerbaïdjanais Yusif Eyvazov. C'est sans aucun doute la célébrité la plus cool et la plus souriante jamais rencontrée. Aucune lubie, aucun caprice, refusant même l'armée de petites mains mise à sa disposition pour exaucer ses désirs. On est loin de Montserrat Caballe qui, à la veille de son récital, avait exigé haut et fort l'installation de toilettes dans sa loge. Les plombiers ont dû travailler toute la nuit pour la satisfaire !
Ilik ya Baalbeck
Le jour du concert « Ilik ya Baalbeck », un déjeuner improvisé chez les de Freige à Hoch Sneid a réuni un nombre d'artistes, notamment Marcel Khalifé, Simon Graichy, Rafic Ali Ahmad, Zad Moultaqa, Issa Makhlouf, Walid Moussallem, Yvan Caracalla et Hammad Yaghi. Le même jour, entre 17h et 19h, sous une tente arabe qu'ils avaient dressée pour l'occasion dans leur jardin, Abdel Halim et Honeiné Caracalla ont reçu les invités officiels du festival, dont Mona Hraoui, Hoda Siniora, les députés de Baalbeck, les ministres de la Culture et du Tourisme, Leila Solh Hamadé, un nombre d'ambassadeurs, ainsi que le président de la municipalité et le mohafez de Baalbeck...
Richard Bona et ses musiciens, et le groupe Earth Wind and Fire ont séjourné à l'hotel Qadri à Zahlé. Pour la petite histoire, Richard Bona a tenu à se rendre au Liban, faisant fi du conseil de son manager soucieux pour sa sécurité. Ce sont en effet les mots de son ami Herbie Hancock qu'il a préféré écouter. Il lui avait dit que son plus beau souvenir était le concert qu'il avait donné à Baalbeck, dans les temples romains.
L'intérieur du temple de Bacchus étant en cours de restauration, le quatuor Modigliani s'est produit à la Magnanerie de Bauchrié où le concert a été donné sans amplification de son grâce à l'acoustique surprenante des lieux. Et cela pour le bonheur des mélomanes !
Lire aussi
Se souvenir des belles (et des moins belles) choses...
Épatante, la petite bonne femme ! Les spectateurs de tout âge, de tout milieu criaient « Mireille, Mireille » et refusaient de quitter les gradins au Festival de Byblos. Oui, la demoiselle d'Avignon au look immuable a conquis le public libanais qui lui a réservé une standing ovation. Ne voulant pas qu'elle s'en aille, il l'a appelée et rappelée pour un bis, un ter et au-delà. Si bien qu'à la fin, Mireille Mathieu est réapparue sur scène en peignoir, pieds nus... Inattendu ? Pas vraiment. La même scène s'est déroulée à Vienne, en mars dernier.Militants végans, Rodrigo Y Gabriela ont fait leur homework avant de débarquer. Ils ont surfé sur tous les sites bio, genre new earth, existant au Liban et donné l'indice détaillé d'un panier de commissions qui devait les...

