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Moyen Orient et Monde - Crise Des Migrants

L’Europe s’affronte sur les quotas de réfugiés

Nouveaux records de candidats à l'exil ; manifestations de soutien aujourd'hui dans plusieurs capitales européennes.

Une petite fille traverse, seule, la frontière entre la Grèce et la Macédoine en route vers… l’espoir. Robert Atanasovski/AFP

Plusieurs pays européens ont affiché avec fermeté, hier, leur opposition à la politique de quotas obligatoires prônée par Berlin et Bruxelles pour intégrer le flot ininterrompu de réfugiés qui gagnent le Vieux Continent.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, appuyé par son homologue luxembourgeois, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, s'est ainsi rendu à Prague pour tenter de convaincre les chefs de la diplomatie des pays du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie). M. Steinmeier a réitéré le « besoin de solidarité européenne » face à la crise migratoire actuelle qui est, selon lui, « peut-être le plus grand défi de l'histoire de l'UE ». Mais la rencontre ne semble pas avoir rapproché les points de vue : les pays « doivent avoir le contrôle sur le nombre de réfugiés qu'ils sont prêts à accepter », a martelé le chef de la diplomatie tchèque, Lubomir Zaoralek. Une position déjà défendue jeudi par la Roumanie, rejointe hier par le Danemark.
De son côté, Berlin, qui s'est dit prêt à accueillir jusqu'à 800 000 réfugiés cette année, pourrait en recevoir 40 000 ce week-end. Soit le quart des 160 000 arrivants que la Commission européenne souhaite répartir dès la semaine prochaine dans l'ensemble de l'UE. Selon les autorités allemandes, 4 000 soldats seront mobilisables pour apporter leur aide en cas « d'urgence » à ces réfugiés, provenant pour la plupart de Syrie.

Le coût de la crise
Si les Européens ne surmontent pas leurs divisions lors d'une réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur, prévue lundi à Bruxelles, un sommet des 28 au niveau des chefs d'État et de gouvernement sera convoqué, a prévenu le président du Conseil européen, Donald Tusk. La Hongrie a proposé pour sa part d'intégrer aux discussions la Serbie et la Macédoine, des pays également submergés par l'afflux de candidats à l'exil, en organisant une conférence commune avec l'UE.
La crise des réfugiés s'est en outre invitée à une réunion des ministres européens des Finances, hier à Luxembourg, la Banque européenne d'investissement se disant prête à fournir son aide. À l'issue de cette réunion, la présidence tournante luxembourgeoise a indiqué que la Commission européenne va se pencher sur le coût de la crise, qui risque de peser sur les budgets européen et nationaux.
Selon l'Onu, entre jeudi et vendredi, un record de 7 600 migrants sont entrés en 12 heures en Macédoine. Plus au nord, à Presevo, en territoire serbe, des centaines de migrants attendaient aussi les documents leur permettant de poursuivre leur voyage à travers cette ex-république yougoslave vers la Hongrie, porte d'entrée dans l'UE. Budapest espère bloquer net leur passage, dès le 15 septembre, grâce à une double clôture de fils de fer barbelés à la frontière serbe, et a annoncé avoir déployé 3 800 soldats dans la zone avec pour « tâche prioritaire » d'en accélérer la construction par des prisonniers réquisitionnés. Toutefois, en dépit des premières installations barbelées, 3 601 migrants sont parvenus à pénétrer dans le pays jeudi, un nouveau record. En revanche, en Grèce, sur l'île de Lesbos, la situation « se normalise », selon le ministre de la Marine marchande, Christos Zoïs, grâce à la mise en place de navettes spéciales vers le continent. Mais en soulageant Lesbos, ces départs tendent la situation aux frontières nord du pays avec la Macédoine, étape suivante de l'odyssée des migrants.

Orban défend sa police
Vilipendant l'incapacité d'Athènes à « défendre sa propre frontière », le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a appelé hier l'UE à « mobiliser des moyens humains, des gardes-frontières » pour aller « défendre la frontière extérieure de la Grèce ». Ces derniers jours, les conditions d'accueil des migrants en Hongrie ont été à plusieurs reprises dénoncées. Une vidéo, filmée clandestinement à l'intérieur du plus grand camp de migrants à la frontière entre la Hongrie et la Serbie, montrait ainsi hier les conditions inhumaines et dégradantes dans lesquelles la nourriture est distribuée. Toutefois, M. Orban a défendu le comportement de la police avec les réfugiés: « Ils ne veulent pas coopérer avec les autorités, en fait ils se sont rebellés contre la loi hongroise. Ils ne donnent pas d'empreintes digitales, ils ne veulent pas aller dans des endroits où l'on s'occupe d'eux (...) »
Aujourd'hui enfin, des manifestations massives de soutien aux migrants doivent être organisées dans plusieurs capitales européennes.*

(Source : AFP)

Plusieurs pays européens ont affiché avec fermeté, hier, leur opposition à la politique de quotas obligatoires prônée par Berlin et Bruxelles pour intégrer le flot ininterrompu de réfugiés qui gagnent le Vieux Continent.Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, appuyé par son homologue luxembourgeois, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, s'est ainsi rendu à Prague pour tenter de convaincre les chefs de la diplomatie des pays du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie). M. Steinmeier a réitéré le « besoin de solidarité européenne » face à la crise migratoire actuelle qui est, selon lui, « peut-être le plus grand défi de l'histoire de l'UE ». Mais la rencontre ne semble pas avoir rapproché les points de vue : les pays « doivent...
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