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Moyen Orient et Monde - Conflit Syrien

La première frappe britannique critiquée, mais prélude à une action plus large

Les tabloïds ont majoritairement salué la frappe du 21 août qui a visé trois de leurs concitoyens combattant dans les rangs de l'EI.

Le Premier ministre britannique David Cameron. Archives AFP

Londres pourrait rapidement mener de nouvelles frappes contre le groupe État islamique (EI) en Syrie a annoncé hier le ministre britannique de la Défense.
« Nous n'hésiterons pas à mener une action similaire » à celle du 21 août, où un drone de la Royal Air Force a frappé dans la région de Raqqa, a déclaré Michael Fallon hier sur la radio BBC 4. « C'étaient des terroristes qui avaient prévu une série d'attaques dans les rues de notre pays, certaines impliquant des événements publics », a-t-il justifié, pour tenter de tuer dans l'œuf toute polémique.
La frappe du 21 août a été révélée lundi devant le Parlement par le Premier ministre David Cameron, prenant le pays par surprise. La photo de deux des victimes, les jeunes Britanniques Ruhul Amin et Reyaad Khan, s'étalaient hier en une de la plupart des quotidiens britanniques. L'identité de la troisième victime n'a pas été révélée. Selon le quotidien Daily Telegraph, citant des sources gouvernementales non identifiées, Khan aurait entre autre fomenté un attentat le jour de la commémoration de la victoire sur le Japon, le 15 août, à laquelle assistait la reine Elizabeth II. M. Cameron a affirmé aux députés que la décision de frapper avait été prise en accord avec le procureur général du pays, le conseiller juridique en chef auprès du gouvernement.
Mais pour l'ancien procureur général Dominic Grieve, cette décision « extrême » pourrait être attaquée en justice. « La Convention européenne des droits de l'homme et la loi (britannique) sur les droits de l'homme garantissent le droit à la vie et le Royaume-Uni ne devrait pas interférer avec ces principes à la légère », a-t-il déclaré sur la BBC. « Nous n'avons pas la permission (du Parlement) de mener des opérations militaires en Syrie », a admis M. Fallon. Mais « le Premier ministre a été très clair lors du débat organisé l'an dernier (concernant des frappes en Irak) sur le fait que si l'intérêt national était en jeu, nous n'hésiterions pas à agir avant de demander la permission ».

« Erreur stratégique »
À l'avenir, David Cameron compte bien obtenir le blanc-seing des députés pour mener des frappes en Syrie de même ampleur que celles réalisées en Irak, bien qu'il n'ait pour l'instant évoqué aucune date pour un tel débat. Selon M. Fallon, les députés doivent « repenser à l'absurdité » qui consiste à pouvoir frapper l'EI sur les territoires qu'elle contrôle en Irak mais pas sur ceux qu'elle contrôle en Syrie.
« Depuis le départ, cela ne fait aucun sens d'avoir seulement l'autorisation d'attaquer des cibles en Irak », a abondé auprès de l'AFP Olivier Guitta, directeur général du cabinet de conseil GlobalStrat. « C'est une erreur stratégique fondamentale. » Mais M. Cameron pourrait devoir compter sur la résistance du pacifiste Jeremy Corbyn, favori pour prendre la tête du Parti travailliste ce week-end.
Si les tabloïds britanniques semblaient plutôt saluer la frappe du 21 août, le Sun titrant Wham ! Bam ! Thank You Cam !, l'ONG Amnesty International a dénoncé un Royaume-Uni qui a rejoint les États-Unis dans la pratique des « exécutions sommaires depuis les airs ». « Si nous laissons ces actions devenir la norme, nous pourrions voir des pays du monde entier exécuter depuis les airs ceux qu'ils perçoivent comme leurs ennemis, sur la base du secret et d'informations impossibles à contester », a mis en garde la directrice de l'organisation, Kate Allen, dans un communiqué.
Pour Elizabeth Quintana, directrice des questions militaires au Royal United Services Institute (RUSI), le gouvernement devait fournir « plus de détails et d'assurances sur la manière dont ce type d'opérations auront lieu ». Car si de « nombreux experts juridiques disent que compte tenu des preuves fournies par le Premier ministre la frappe elle-même est justifiable », elle reste « très controversée, notamment parce qu'aux yeux du public, elle rappelle les opérations la CIA au Pakistan », a-t-elle dit.
Jessica BERTHEREAU/AFP

Londres pourrait rapidement mener de nouvelles frappes contre le groupe État islamique (EI) en Syrie a annoncé hier le ministre britannique de la Défense.« Nous n'hésiterons pas à mener une action similaire » à celle du 21 août, où un drone de la Royal Air Force a frappé dans la région de Raqqa, a déclaré Michael Fallon hier sur la radio BBC 4. « C'étaient des terroristes qui avaient prévu une série d'attaques dans les rues de notre pays, certaines impliquant des événements publics », a-t-il justifié, pour tenter de tuer dans l'œuf toute polémique.La frappe du 21 août a été révélée lundi devant le Parlement par le Premier ministre David Cameron, prenant le pays par surprise. La photo de deux des victimes, les jeunes Britanniques Ruhul Amin et Reyaad Khan, s'étalaient hier en une de la plupart des...
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