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Nos lecteurs ont la parole - Nicole Abdul-Massih

La vraie poubelle est partout !

Il y a des poubelles qui longent les rues dans l'espoir d'être ramassées et d'autres qui circulent entre nous, qui nous harcèlent et nous agressent sournoisement et gratuitement. Les poubelles s'accumulent dans les rues, infections et bactéries sont donc à craindre ; mais ce problème pourrait se régler un jour, malgré toutes les difficultés. Seulement le manque de finesse, de politesse et de courtoisie, l'absence totale de civisme sont graves, voire mortels. De la poubelle des rues, nous pourrions nous éloigner, mais de celles des intrus et des grossiers personnages, il est bien difficile de le faire ! Ils sont partout aujourd'hui et là où on les attend le moins.
Il y a deux jours, alors que je voulais traverser une rue à Beyrouth, une voiture arrivant à grande vitesse m'obligea à m'arrêter quelques secondes devant une autre en instance de démarrer. Ces cinq secondes d'attente irritèrent le conducteur qui s'est mis à hurler : « Wli, yoossof omrik assef ! Chou baddik naammirlik jesser ta to'otahé ? El aama bi albik aami ! » Gentille traduction en gros : « Que Dieu te maudisse ! Tu veux que l'on te construise un pont pour traverser ? » Surprise et choquée par tant de colère et d'agressivité, je restai sans voix, tremblante de tous les membres. Pendant quelques secondes d'attente à peine, j'ai eu droit à une pluie d'autres insultes que je ne traduirai pas !
Une tristesse et une grande peine m'envahirent : ce pays qui m'est si cher, que je visite fidèlement année après année, n'est plus pour moi. Il ne me représente plus ! J'avais de la peine, beaucoup de peine. Je me sentais salie et trahie : trahie par mon pays ! On a beau espérer, croire au changement, mais année après année, la situation empire, et ça, on ne peut pas ne pas le constater.
On peut reconstruire les immeubles, nettoyer les rues, mais pas façonner une génération qui a grandi dans un pays sans lois ni règlements, une génération qui n'a aucune notion du respect de soi et des autres. On a beau rester positif, par amour et fidélité au pays, à la famille et aux amis qui y vivent, mais on ne peut se voiler la face et dire que tout va quand même pour le mieux dans notre cher pays. Cela fait mal, très mal, de dénoncer des actes barbares et violents, ici et là, pour une raison ou une autre, toutes aussi insignifiantes ou injustifiées les unes que les autres. Face à cette violence gratuite, à cette agressivité spontanée dans le quotidien de tous, nous restons impuissants. Car seul le silence est de mise face à cette violence. Par contre, se taire et ne pas dénoncer ces anomalies aujourd'hui, c'est s'en rendre complice. C'est triste, très triste. Nos concitoyens ont peut-être toutes les raisons du monde d'être frustrés et en colère vu leur quotidien difficile, mais cela ne justifie pas leurs réactions violentes et irrespectueuses envers chacun et tous, pour une raison ou une autre tout aussi futile l'une que l'autre. Plus personne ne fait un effort pour tendre la main à l'autre : « Après moi, le déluge » semble être leur point commun.
L'intolérance ? Un mot, par contre, qui rassemble tout le monde !Nicole ABDUL-MASSIH

Il y a des poubelles qui longent les rues dans l'espoir d'être ramassées et d'autres qui circulent entre nous, qui nous harcèlent et nous agressent sournoisement et gratuitement. Les poubelles s'accumulent dans les rues, infections et bactéries sont donc à craindre ; mais ce problème pourrait se régler un jour, malgré toutes les difficultés. Seulement le manque de finesse, de politesse et de courtoisie, l'absence totale de civisme sont graves, voire mortels. De la poubelle des rues, nous pourrions nous éloigner, mais de celles des intrus et des grossiers personnages, il est bien difficile de le faire ! Ils sont partout aujourd'hui et là où on les attend le moins.Il y a deux jours, alors que je voulais traverser une rue à Beyrouth, une voiture arrivant à grande vitesse m'obligea à m'arrêter quelques secondes devant une...
commentaires (4)

Mon Liban "Suisse de l'Orient" s'est arrêté en 1975 pour mourir à l'apparition de nouvelles tendances politiques d'inspiration étrangère livrant ainsi le pays à une nouvelle mentalité et un nouveau mode de vie venus du quart-monde. C'est regrettable de le dire mais c'est comme ça. Beaucoup qui avaient quitté leur Patrie en 1975 et qui étaient revenus par nostalgie du pays natal l'ont constaté. Mille fois hélas, c'est la réalité. Je ne vise personne, à chacun de juger.

Annie

15 h 52, le 04 septembre 2015

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Commentaires (4)

  • Mon Liban "Suisse de l'Orient" s'est arrêté en 1975 pour mourir à l'apparition de nouvelles tendances politiques d'inspiration étrangère livrant ainsi le pays à une nouvelle mentalité et un nouveau mode de vie venus du quart-monde. C'est regrettable de le dire mais c'est comme ça. Beaucoup qui avaient quitté leur Patrie en 1975 et qui étaient revenus par nostalgie du pays natal l'ont constaté. Mille fois hélas, c'est la réalité. Je ne vise personne, à chacun de juger.

    Annie

    15 h 52, le 04 septembre 2015

  • Et non simili-social, totalitaire et dictatorial.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 31, le 04 septembre 2015

  • VOS DEUX PREMIÈRES LIGNES MADAME SONT EXCELLENTES ! DEUX SORTES DE POUBELLES JONCHENT LES RUES... BRAVO !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 11, le 04 septembre 2015

  • Ce qu'il leur faudrait, c'est un régime façon Staline.... mais avec son côté "social".

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 35, le 04 septembre 2015

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