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Sport - Athlétisme - Mondiaux De Pékin

Le Kenya dans tous ses états

Le duel Bolt-Gatlin aura bien lieu en finale du 200 m.

Mo Farah (en tête) sorti du flou... Déjà vainqueur du 10 000 m, le Britannique a survécu à un croc-en-jambe lors de la seconde série du 5 000 m des Mondiaux d’athlétisme, hier matin à Pékin, restant en course pour un nouveau doublé 10 000/5 000 m. Greg Baker/AFP

Le Kenya a été dans tous ses états, en bien (deux médailles d'or, dont celle du formidable lanceur de javelot Julius Yego) comme en mal (deux athlètes suspendues provisoirement), lors de la 5e journée des Mondiaux d'athlétisme, hier à Pékin.
Mais, autant que Yego, impressionnant avec un troisième jet à 92,72 m – le plus long depuis 14 ans –, la finale du 400 m, tout simplement la plus relevée de l'histoire, a marqué les esprits, en clôture. Et les demi-finales du 200 m masculin ont donné un avant-goût du plat que doivent servir, aujourd'hui en finale, Usain Bolt et Justin Gatlin, tout en relâchement hier soir, mais néanmoins en 19 sec 95/100es et 19 sec 87/100es respectivement. Le Jamaïcain Bolt, neuf fois champion du monde et vainqueur du 100 m dimanche, un centième devant l'Américain (9''79 contre 9''80), a rappelé que le demi-tour de piste était sa distance préférée.

À bout de souffle
Le Sud-Africain Wayde VVan Niekerk, âgé de 23 ans, a bouclé le tour de piste – l'épreuve que Bolt n'a jamais voulu explorer à fond – en 43 sec 48/100es. Le gabarit de poche a repoussé l'arrivée du redouté acide lactique pour signer la sixième performance de tous les temps. Ayant puisé au fond de ses réserves, Van Niekerk a dû être hospitalisé. L'Américain LaShawn Merritt et le Grenadin Kirani James, les deux derniers champions olympiques, ont été à la hauteur de l'événement, crédités respectivement de 43 sec 65/100es et 43 sec 78/100es. « Le record du monde (43''18 par l'Américain Michael Johnson en 1999) est à nouveau en danger », a indiqué James.
« Un Kényan champion du monde du javelot, c'est incroyable. À Moscou, j'avais perdu la médaille de bronze au dernier essai. Ici, je me sentais fort. Après l'essai à 92 m, j'ai ressenti une douleur à un pied, aussi j'ai préféré renoncer aux quatrième et cinquième essais. Je jouais la sécurité car je savais que personne ne pouvait faire mieux », a expliqué le « guerrier » Yego. Interrogé inévitablement sur la question du jour, le Kényan a répondu : « Dans le sport vous gagnez en étant propre, donc c'est dommage pour elles. Je ne peux pas faire plus de commentaires. »

Chaud et froid
En quelques heures, les athlètes des hauts plateaux ont donc soufflé le chaud, sur la piste, et le froid, avec l'annonce par la Fédération internationale (IAAF) des contrôles positifs de deux athlètes de 400 m et 400 m haies. Ces dernières années, 35 athlètes kényans de fond avaient été démasqués. À Pékin, ce sont des spécialistes de courtes distances, Koki Manunga et Joyce Zakary, qui ont été prises à « des tests ciblés menés dans l'hôtel des athlètes » avant leur entrée en piste.
Sur la piste justement, sur 3 000 m steeple, Hyvin Jepkemoi a donné une sixième médaille d'or au Kenya, qui caracole en tête au tableau des médailles. « Je ne peux qu'encourager toutes les jeunes filles de mon pays à courir sur cette distance », a plaidé la lauréate. Habiba Ghribi, la Tunisienne de France, qui a piétiné en abordant la dernière barrière, s'est une nouvelle fois contentée de la médaille d'argent à l'issue du final le plus serré de l'histoire de la jeune discipline, admise pour la première fois aux championnats du monde en 2005 à Helsinki.
Au masculin, le steeple est le domaine réservé du Kenya, au point que quatre hommes au maillot rouge ont occupé les quatre premières places lundi, Ezekiel Kemboi remportant un quatrième titre consécutif.
Par ailleurs, l'athlète britannique d'origine somalienne Mo Farah, qui a survécu à un croc-en-jambe lors de la seconde série du 5 000 m, hier matin, est resté en course pour un nouveau doublé 10 000/5 000 m. Vainqueur samedi dernier du 10 000 m, il a désormais trois jours pour récupérer en vue de la finale du 5 000 m, programmée samedi prochain. Il y retrouvera notamment trois Éthiopiens, dont la nouvelle merveille Yomif Kecheja (18 ans), qui l'a devancé hier pour la première place, en 13 min 19 sec 38/100es.
À la perche, la Cubaine Yarisley Silva, auteure de la meilleure performance mondiale de la saison début août avec 4,91 m, a enfin accédé à la plus haute marche du podium. Seule à franchir 4,90 m, Silva a ensuite tenté 5,01 m. En vain. Enfin, la Tchèque Zuzana Hejnova a été la seule à conserver son titre de championne du monde (400 m haies). En 53 sec 50/100es, meilleure performance mondiale de la saison, elle a fini loin devant les Américaines Shamier Little (53''94) et Cassandra Tate (54''02).

(Source : AFP)

Dopage : l'IAAF intransigeante

Avec les suspensions provisoires de deux sprinteuses kényanes en plein Mondiaux d'athlétisme de Pékin, la Fédération internationale (IAAF) réaffirme son intransigeance au sujet de la lutte contre le dopage, dans un climat tourmenté. Ces dernières années, un voile sombre planait sur les performances des coureurs des hauts plateaux sur les épreuves de longues distances. L'annonce des suspensions provisoires de Koki Manunga et Joyce Zakary vient prouver que d'autres disciplines sont malheureusement touchées. La suspension décidée par l'IAAF est un signe fort envoyé par l'instance, dont l'engagement dans la lutte antidopage a été récemment mis en doute, avec des suspicions notamment de corruption pour couvrir des cas en Russie.

Le Kenya a été dans tous ses états, en bien (deux médailles d'or, dont celle du formidable lanceur de javelot Julius Yego) comme en mal (deux athlètes suspendues provisoirement), lors de la 5e journée des Mondiaux d'athlétisme, hier à Pékin.Mais, autant que Yego, impressionnant avec un troisième jet à 92,72 m – le plus long depuis 14 ans –, la finale du 400 m, tout simplement la plus relevée de l'histoire, a marqué les esprits, en clôture. Et les demi-finales du 200 m masculin ont donné un avant-goût du plat que doivent servir, aujourd'hui en finale, Usain Bolt et Justin Gatlin, tout en relâchement hier soir, mais néanmoins en 19 sec 95/100es et 19 sec 87/100es respectivement. Le Jamaïcain Bolt, neuf fois champion du monde et vainqueur du 100 m dimanche, un centième devant l'Américain (9''79 contre 9''80), a...
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