La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, avait exigé des « excuses claires » de Pyongyang dans l’affaire de la mine antipersonnel. La Corée du Nord, elle, a accepté d’exprimer ses « regrets ». Photo AFP
Les deux Corées sont parvenues à un accord, au terme de négociations marathon, en vue de désamorcer les tensions qui ont failli précipiter la péninsule dans un conflit armé, a annoncé hier dans la nuit le chef de la délégation de Séoul. La Corée du Nord a accepté d'exprimer ses « regrets » pour l'explosion d'une mine antipersonnel à la frontière, qui a mutilé deux soldats sud-coréens, comme l'exigeait Séoul, a indiqué le conseiller de sécurité nationale, Kim Kwan-jin. De son côté, la Corée du Sud s'est engagée à faire taire ses haut-parleurs qui diffusent, à plein volume, leurs messages de propagande à la frontière. Les deux parties ont également convenu d'œuvrer vers une reprise, le mois prochain, des réunions des familles séparées par la guerre de Corée (1950-1953).
Les négociations, qui s'étaient ouvertes samedi dans le village frontalier de Panmunjom, où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée, étaient les discussions intercoréennes au plus haut niveau depuis près d'un an, signe de la gravité de la situation. Hier matin, la Corée du Sud avait averti qu'elle ne battrait pas en retraite dans le face-à-face militaire tendu qui l'opposait à la Corée du Nord, exigeant au contraire les excuses de Pyongyang pour l'explosion de la mine antipersonnel. Pyongyang avait, pour sa part, menacé le Sud d'une attaque armée si Séoul n'éteignait pas ses haut-parleurs. Les tensions n'avaient pas connu pareille escalade depuis des années, le Nord repositionnant des unités d'artillerie, tandis que des avions de chasse sud-coréens et américains effectuaient des exercices de simulation de bombardement.
Les deux pays sont toujours techniquement en conflit, depuis 65 ans, car la guerre de Corée a pris fin avec un simple cessez-le-feu qui n'a jamais été formalisé par un traité de paix en bonne et due forme.
Ban se réjouit
Dans une première réaction au niveau international, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon (lui-même Sud-Coréen), a salué l'accord trouvé entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. « J'accueille chaleureusement la nouvelle (...) », a indiqué M. Ban dans un communiqué. Il a également dit espérer que la perspective de réunions régulières entre les deux voisins « permettra de régler efficacement les problèmes qui peuvent survenir dans la péninsule coréenne ». « En tant que secrétaire général, je suis prêt à soutenir une coopération intercoréenne », a ajouté M. Ban en conclusion.
(Source : AFP)

