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Moyen Orient et Monde

Un bébé palestinien brûlé vif dans une attaque d’extrémistes israéliens

Proche-Orient

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a dénoncé un « acte de terrorisme en tout point » ; des milliers de Palestiniens, dont le Premier ministre Rami Hamdallah, ont participé hier aux funérailles du bébé dont le corps, enveloppé dans un drapeau, a été porté à bout de bras.

OLJ
01/08/2015

Un bébé palestinien a été brûlé vif et ses parents et son frère grièvement blessés hier lorsque des extrémistes israéliens ont incendié leur maison en Cisjordanie occupée.
Hier à l'aube, des hommes masqués, présentés par les Palestiniens comme des colons, ont jeté des cocktails Molotov par les fenêtres, ouvertes en raison de la chaleur estivale, de deux maisons, dont celle des Dawabcheh, dans le village de Douma, près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, selon des sources palestiniennes et israéliennes. Ils ont ensuite pris la fuite dans une colonie voisine, selon la radio israélienne. Le bébé a péri dans l'attaque, alors que sa mère Riham, 26 ans, son père Saad et son frère Ahmad, 4 ans, tous grièvement atteints, se débattaient entre la vie et la mort dans un hôpital israélien, selon des médecins. Un quatrième blessé, une fillette, selon certaines sources, était également hospitalisée. Fait exceptionnel, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président israélien Reuven Rivlin leur ont rendu visite à l'hôpital dans l'après-midi.
M. Netanyahu a dénoncé un « acte de terrorisme en tout point » et ordonné aux forces de sécurité « d'arrêter les meurtriers et de les traduire en justice ». Des engagements qu'il a réitérés lors d'un rare appel téléphonique au président palestinien Mahmoud Abbas. De son côté, le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, a même qualifié les assaillants de « terroristes juifs », et des appels israéliens ont été lancés sur les réseaux sociaux pour l'organisation d'une manifestation aujourd'hui contre la violence.

Crime de guerre
Les condamnations israéliennes n'ont néanmoins pas convaincu la direction palestinienne, qui devait se réunir hier en début de soirée. « On ne peut dissocier cette attaque barbare » d'un « gouvernement qui représente une coalition pour la colonisation et l'apartheid », a dit Saëb Erakat, numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). De son côté, Mahmoud Abbas a dit « douter qu'Israël mette en œuvre une véritable justice » dans cette affaire, accusant l'État hébreu d'être « le responsable direct » de la mort de Ali Dawabcheh, 18 mois, en raison de « l'impunité » qu'il accorde aux « colons » que les Palestiniens ont accusés de ce crime. M. Abbas a annoncé que les Palestiniens déposeraient aujourd'hui un nouveau dossier pour « crime de guerre » devant la Cour pénale internationale.
Pour sa part, le mouvement islamiste Hamas, bête noire d'Israël, a promis « une punition à la hauteur de ce crime » qui « fait des soldats de l'occupant et des colons des cibles légitimes partout ».
En réaction, des milliers de manifestants ont réclamé « vengeance » à Gaza et en Cisjordanie où au moins un Palestinien a été blessé par balle.

Condamnations internationales
Alors que Washington a dénoncé une « brutale attaque terroriste », l'envoyé spécial de l'Onu Nickolay Mladenov s'est dit « outré » et la Jordanie a condamné un « crime odieux qui aurait pu être évité si le gouvernement israélien n'avait pas (...) tourné le dos à la paix », en allusion au processus de paix au point mort entre Israéliens et Palestiniens. L'Union européenne a appelé « à la pleine responsabilité, l'application efficace de la loi et la tolérance zéro pour les violences des colons », tandis que Paris s'est dit « indigné » par « cet acte ignoble ». Selon La Paix maintenant, une ONG israélienne anticolonisation, ces « agressions de la part des colons sont devenues une véritable épidémie », notamment du fait de « l'indulgence dont fait preuve le gouvernement envers les violences antipalestiniennes et les discours de haine ». En mai, l'organisation israélienne Yesh Din estimait que 85,3 % des plaintes de Palestiniens après des attaques de colons étaient classées sans suite et seules 7,4 % des plaintes conduisaient à des poursuites, dont seulement un tiers débouchait sur une condamnation.

(Source : AFP)

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