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« Asma’ Mina Ltarikh », une oasis dans un désert culturel télévisé

TV-Diaspora

La saison 2 de l'émission « Asma' Mina Ltarikh », filmée à Dubaï et Abou Dhabi, est de retour sur la LBCI. « Nous voulons montrer une image honorable du pays, celle qui nous rend fiers », confie Karen Boustany, qui produit et présente l'émission.

01/08/2015

La suppression des émissions culturelles à la télévision est un phénomène mondial auquel le monde arabe, et surtout le Liban, n'a pas échappé. Dans la course à l'audimat, la télévision a en effet perdu sa fonction d'outil culturel, alors que toutes sortes d'émissions prennent la place jadis consacrée à la culture, sous prétexte que « ce genre d'émissions n'attire plus vraiment les téléspectateurs ». Dans ce désert culturel télévisé, une émission se démarque pourtant clairement aujourd'hui et réussit à enregistrer des parts d'audience importantes sur la LBCI chaque semaine. Il s'agit de Asma' Mina Ltarikh (Des Noms de l'histoire), préparée et présentée par Karen Boustany, qui y rencontre des grands noms de la diaspora libanaise partout dans le monde, faisant la lumière sur des parcours souvent exceptionnels et très inspirants. Mise en pause pendant le mois de ramadan, la deuxième saison de Asma' Mina Ltarikh, filmée à Dubaï, reprend actuellement sur la LBCI, avec six épisodes inédits, dont deux épisodes filmés avec Othman Sultan, PDG de Du Telecom, et Varouj Nerguizian, directeur général de la banque Sharjah, et deux épisodes consacrés à un best-of de la saison spécial Dubaï et Abou Dhabi.

« Après une première saison filmée au Brésil, où se trouve près de 11 millions de personnes d'origine libanaise, soit la plus grande diaspora libanaise, j'ai voulu me rapprocher plus du monde arabe et interviewer des émigrés qui soient davantage en contact avec le Liban, raconte ainsi la journaliste et présentatrice télé à L'Orient-Le Jour. Je tente, autant que possible, de montrer différents angles de la diaspora. Au Brésil, il s'agissait plus de femmes et d'hommes politiques, ou travaillant dans le secteur public, comme Michel Tamer, vice-président de la République. À Dubaï, il s'agit principalement d'hommes d'affaires. »

Une émission élitiste ? « Certainement, indique Karen Boustany, mais qui arrive à toucher toutes sortes de téléspectateurs, notamment pour cette deuxième saison où les personnalités interviewées s'expriment en arabe. » « Beaucoup de gens sont curieux de savoir comment ces hommes, partis de rien, ont fait pour réussir, dit encore Karen Boustany. Développée de manière à ce que chaque saison s'intéresse à une diaspora dans une région spécifique du monde, l'émission permet non seulement de découvrir des personnes, mais aussi de voyager et de découvrir un pays, une diaspora, une culture. »
Et d'ajouter : « Mon but est de montrer des Libanais qui ont réussi et donc le Liban qui a réussi, de faire un lien entre la diaspora et les Libanais du Liban, tout en encourageant les émigrés à revenir. Nous voulons montrer une image honorable du pays, celle que nous aimons et qui nous rend fiers, en choisissant des success story. Le critère de choix des personnalités n'est jamais la célébrité ou la richesse, mais bien la réussite d'hommes qui, somme toute, sont des self-made-men, sources d'inspiration pour les nouvelles générations. »

« La diaspora qui a le plus réussi dans le monde »
Dans son émission brillamment réalisée par le jeune Johnny Abdo, Karen Boustany s'intéresse aux parcours académiques et professionnels des personnalités qu'elle interviewe, ainsi qu'à leur vie personnelle et le message qu'ils aimeraient véhiculer aux jeunes du Liban, le temps d'une conversation à cœur ouvert, assez fluide et intéressante, loin de toute affectation. Après bientôt une centaine de personnalités rencontrées, lors des deux saisons de Asma' Mina Ltarikh (LBCI) mais aussi des deux saisons d'Écrire l'histoire (MTV), au cours desquelles elle avait interviewé de nombreux écrivains en France (Marc Lévy, Vénus Khoury-Ghata, Amin Maalouf) et de nombreux hommes d'affaires libanais à Los Angeles (Charles Achi, Carlos Ghosn), Karen Boustany prend aujourd'hui du recul sur son expérience auprès de ces vibrants esprits.

« Entre tous ces hommes qui ont réussi, il y a bien un point commun, dit-elle. Ce sont tous des gens qui ont beaucoup travaillé, qui ont cru au pouvoir de l'éducation, qui ont aidé les autres et ont cru au Liban aussi. Aujourd'hui, rien ne les empêche de rentrer au bercail. Ils ne demandent qu'un minimum de stabilité. »

Citant Anthony Vincent Zeenny, qui chantait pour manger et qui est devenu l'un des hommes les plus riches de LA, ou encore le géant de la pub Roberto Dawailiby, qui l'a frappée par son attachement au Liban et y est revenu pour donner la nationalité à ses enfants, Karen Boustany assure que « la diaspora libanaise est celle qui a le plus réussi dans le monde ». « Nos émigrés sont éduqués, ambitieux, intelligents, travailleurs, bons vivants et savent profiter des opportunités », ajoute-t-elle avant de confier : « Selon ces émigrés, il n'est pas faux de quitter le pays, mais l'important est d'y retourner. D'autres disent encore qu'il faut suivre ses rêves, où qu'ils soient. »

De nombreux projets
Si les chaînes locales reprochent aux émissions culturelles de ne pas réussir en termes d'audimat, Karen Boustany, qui produit elle-même l'émission grâce à sa boite EyeStrategy Business Communication, assure toutefois que « le public a faim de culture, cette dernière étant une nécessité pas une option », et que « ce genre d'émissions peut réussir si le message est véhiculé d'une manière simple et amusante ». « Asma' Mina Ltarikh est difficile à produire, confie-t-elle encore. Il faut choisir le bon pays, sélectionner judicieusement les personnalités et réussir à les contacter. Je remercie la LBC pour lui avoir donné sa chance et j'espère que d'autres saisons suivront. Les Libanais sont partout. Au Canada, en Afrique, et jusqu'en Australie... »

Devenue une sorte de référence en matière de diaspora, Karen Boustany a été, sur un autre plan, sollicitée pendant deux ans consécutifs par le ministère des Affaires étrangères afin d'organiser le Congrès sur l'énergie de la diaspora. Deux épisodes d'Asma' Mina Ltarikh y ont été consacrés et seront diffusés bientôt. En parallèle, la poète titulaire d'un DUGE en lettres modernes de Paris IV n'a pas oublié son côté littéraire et achève actuellement son troisième ouvrage, à temps pour le Salon du livre d'octobre.

Elle préside également l'association ALS Lebanon consacrée à soutenir les personnes atteintes de la maladie de Charcot, et qui a été fondée par Jamil Zgheib, « un surhumain » qui a écrit de nombreux ouvrages avec ses yeux seulement. Après avoir préparé le documentaire Jamil, a flying soul à son sujet, Karen Boustany organise ainsi en septembre au Bois de Rose de Feytroun une journée annuelle consacrée à l'association, et qui comportera messe, activités, et le fameux Ice Bucket Challlenge avec la participation de célébrités locales et arabes. D'ici là, il n'est possible d'attraper la belle et très occupée Karen qu'en suivant les épisodes d'Asma' Mina Ltarikh. Chaque vendredi soir à 22 heures sur la LBCI et la LDC.

 

Pour mémoire
Des noms tirés de l'histoire...à la télévision

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El Asmar Claudia

Merci a Karen Boustany pour ce coup de jeune!!!!
Ce qui nous exaspere et nous fais fuir des chaines libanaises, c'est le manque de culture et des programmes educatifs. Prenons exemple de la tele europeenne: il n'y a pas un jour qui passe sans assister a un concours culturel, un documentaire geographique ou meme historique, et ceci avec un taux d'audience assez important.
On en a assez des soap operas turcs, latino americains, arabes, etc... Cri de coeur aux teles libanaises: diversifiez vos programmes, abregez votre journal avec treve d"introduction, que l'une de vous soit la protagoniste au changement, et soyez sure, vos telespectateurs vous seront reconnaissants.

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