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Moyen Orient et Monde - Yémen

La trêve humanitaire vole en éclats

Reprise des raids aériens de la coalition arabe et des combats dans le sud du pays.

Cargaison livrée par un avion saoudien à Aden le 24 juillet 2015 durant la trêve humanitaire. Faisal al-Nasser/Reuters

Une nouvelle trêve humanitaire, la troisième depuis le début de la guerre au Yémen il y a quatre mois, a volé en éclats avec la reprise hier des raids aériens de la coalition arabe et des combats dans le sud du pays.
La trêve de cinq jours avait été décrétée unilatéralement par la coalition menée par l'Arabie saoudite, qui bombarde depuis fin mars les rebelles chiites houthis pro-iraniens. Depuis juillet 2014, ces derniers se sont emparés de vastes régions du pays frontalier du royaume saoudien. Dès son entrée en vigueur, lundi, la trêve a été fragilisée par des combats entre les partisans du président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi et les rebelles chiites, et par le déploiement de raids aériens menés par la coalition internationale qui a tué « par erreur » 12 loyalistes. Entrée en guerre pour empêcher les insurgés de prendre le contrôle total du Yémen, la coalition arabe avait averti qu'elle riposterait à tout mouvement des houthis soutenus par l'Iran chiite. La pause humanitaire était supposée permettre de secourir les millions de civils durement éprouvés par le conflit, dont les conséquences ont été qualifiées de « désastreuses » par le coordinateur humanitaire de l'Onu pour le Yémen, Johannes Van Der Klauw.

Le prix fort
Trois frappes ont visé hier un convoi rebelle à Sabr, à 20 km au nord d'Aden, où les progouvernementaux ont repris le contrôle d'un axe routier reliant Aden aux provinces de Lahj et d'Abyane, selon des sources militaires. La coalition a également bombardé la base aérienne d'al-Anad aux mains des rebelles dans la province de Lahj, voisine d'Aden. Le gouverneur, Nayef al-Bekri, a déclaré qu'« il n'y a pas de trêve ». Les pro-Hadi cherchent « à sécuriser Aden en nettoyant les zones autour de la ville et celles proches de Lahj et Abyane ». Dans la nuit, les forces progouvernementales ont réussi à reconquérir le siège de la sous-préfecture à Dar Saad, dernier quartier d'Aden dont les rebelles se servaient pour bombarder des zones résidentielles, selon un responsable local. « Les civils paient le prix fort », a dit dans un communiqué Johannes Van Der Klauw, au terme d'une visite à Aden, appelant les protagonistes à « mettre fin aux attaques contre les civils et aux destructions des infrastructures ». En 24 heures, 22 insurgés, deux civils et quatre loyalistes ont péri dans des combats au nord d'Aden, la capitale du Sud reprise par les pro-Hadi, selon un responsable de la santé, al-Khadr Lassouer. Les défenseurs des droits de l'homme, quant à eux, ont dénoncé la présence de bavures militaires. En effet, Human Rights Watch a estimé qu'un raid de la coalition ayant tué 65 civils vendredi à Mokha s'apparentant à un véritable « crime de guerre ». En quatre mois de conflit, au moins 1 895 civils figurent parmi 3 984 personnes tuées selon les estimations de l'Onu.
En réaction, le Conseil de sécurité de l'Onu devait se réunir hier dans la soirée sur la situation du Yémen alors que les efforts de l'organisation internationale pour une solution négociée du conflit n'ont toujours pas porté leurs fruits. En effet, la pause initiée par l'Onu le 10 juillet ne s'est jamais matérialisée. Avant de se concerter à huis clos, les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil de sécurité ont écouté le rapporteur Stepen O'Brien sur les opérations humanitaires menées sur place. Environ 80 % de la population du Yémen – soit 21 millions de personnes – ont besoin d'aide ou de protection, et plus de 10 millions ont du mal à se nourrir ou à trouver de l'eau, selon l'Onu.
Dénonçant l'action menée par l'Arabie saoudite, l'Iran a accusé hier son rival régional d'avoir « joué avec le feu et aujourd'hui avec le cessez-le-feu » au Yémen. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian a déclaré lors d'une allocution télévisée que « l'Arabie saoudite avait commis une erreur stratégique en attaquant le Yémen ». Ce dernier a poursuivi son propos en ajoutant que « la poursuite de l'emploi de la force au Yémen accentue l'insécurité et développe le terrorisme dans la région ». Ainsi, selon lui, tout le monde devrait apporter son aide « pour arrêter l'agression et mettre fin au blocus » contre le Yémen.

Une nouvelle trêve humanitaire, la troisième depuis le début de la guerre au Yémen il y a quatre mois, a volé en éclats avec la reprise hier des raids aériens de la coalition arabe et des combats dans le sud du pays.La trêve de cinq jours avait été décrétée unilatéralement par la coalition menée par l'Arabie saoudite, qui bombarde depuis fin mars les rebelles chiites houthis pro-iraniens. Depuis juillet 2014, ces derniers se sont emparés de vastes régions du pays frontalier du royaume saoudien. Dès son entrée en vigueur, lundi, la trêve a été fragilisée par des combats entre les partisans du président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi et les rebelles chiites, et par le déploiement de raids aériens menés par la coalition internationale qui a tué « par erreur » 12 loyalistes. Entrée en guerre pour empêcher...
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