Les forces de sécurité israéliennes bloquent l’accès de la mosquée al-Aqsa aux Palestiniens.
La police israélienne a pénétré hier dans la mosquée al-Aqsa, une incursion extrêmement rare dans ce troisième lieu saint de l'islam situé dans la vieille ville de Jérusalem, pour mettre fin à des heurts déclenchés par la venue de juifs orthodoxes.
La nuit de samedi à dimanche a été marquée par les commémorations juives de Tisha Beav, qui marque dans leur calendrier la destruction des deux temples qui se trouvaient sur l'Esplanade, dont le Mur des lamentations en contrebas des mosquées est le dernier vestige. Des milliers de croyants juifs se sont rassemblés sans incident devant le Mur des lamentations, mais d'autres, des radicaux, auraient tenté de venir prier aux abords de l'Esplanade ultrasensible. Des échauffourées ont éclaté et hier matin, des dizaines de policiers israéliens ont investi l'Esplanade avant de pénétrer « de plusieurs mètres » l'intérieur de la mosquée al-Aqsa. Sur des photos diffusées par la police on peut voir les portes en bois du lieu de culte arrachées, des tapis déchirés ainsi que des pierres jonchant le sol. Les « émeutiers masqués » seraient selon la police des musulmans barricadés dans la mosquée, qui « ont commencé à jeter des pierres et des projectiles de l'intérieur de la mosquée en direction des policiers ». Au moins 3 personnes jetant des pierres ont été arrêtées, et quatre policiers ont été légèrement blessés, selon les autorités israéliennes. Les journalistes de l'AFP ont pu voir un Palestinien saignant de la tête, et des témoins ont fait état d'autres blessés, mais sans plus de précisions.
Le ministre palestinien des Affaires étrangères a condamné les autorités israéliennes et qualifié de « provocante » la visite de juifs ultraorthodoxes. L'entrée des policiers dans la mosquée représente « une escalade dangereuse », a réagi pour sa part le Hamas, le mouvement islamiste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza. « Notre peuple, ses factions et la résistance ne resteront pas immobiles face à cette agression », a indiqué dans un communiqué Sami Abou Zouhri, porte-parole du mouvement.
Ahmad GHARABLI/AFP


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