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L’ambassadeur de Belgique : Vous avez un pays unique, mais fragile. Protégez-le, sauvez-le

Fête nationale

À l'occasion de la fête nationale belge, l'ambassadeur de Belgique au Liban, Alex Lenaerts, a donné une réception dans les jardins de sa résidence.

OLJ
23/07/2015

De nombreuses personnalités politiques, de diplomates, d'académiciens et d'artistes ont pris part à la cérémonie organisée par l'ambassadeur de Belgique, Alex Lenaerts, en sa résidence, à l'occasion de la fête nationale belge. Étaient notamment présents le député Yassine Jaber, représentant le président de la Chambre Nabih Berry, le ministre de l'Information Ramzi Jreige, représentant le Premier ministre Tammam Salam, le ministre de la Culture Rony Araiji, le nonce apostolique Gabriele Caccia, ainsi que des responsables d'ONG et des représentants de la société civile.
La bière belge et bien d'autres boissons coulaient à flots, tandis que d'autres produits belges, tels que les biscuits, le fromage et le jambon étaient servis aux convives. Un groupe de musique a animé la soirée, qui était à l'image de la Belgique : accueillante, conviviale, simple et généreuse.
Prenant la parole, l'ambassadeur Lenaerts a déclaré : « Comme le Liban, la Belgique a souvent été un champ de bataille. Récemment, nous avons célébré l'anniversaire de la bataille de Waterloo ou la bataille de l'Yser, il y a cent ans. Un triste anniversaire où pour la première fois les armes chimiques avaient été utilisées. Nous, Belges, avons été occupés par tous nos voisins, nous les avons combattus et nous les avons chassés. Et ensuite, avec nos voisins, nos anciens ennemis, nous avons construit l'Union européenne. Le Moyen-Orient n'est malheureusement pas l'Europe. »
« À l'occasion de notre fête nationale, a poursuivi Alex Lenaerts, j'aimerais adresser un message optimiste à nos amis libanais. Car je dois reconnaître que depuis que je suis arrivé au Liban, je suis tombé amoureux de votre pays. Bhebbak ya Loubnan, pour reprendre les paroles de la grande Feyrouz. Oui, pour ma première fête nationale dans votre pays, je vous dois une déclaration : j'aime profondément le Liban et son peuple, chaleureux et attachant. Mosaïque de communautés, le Liban est une miniature du Moyen-Orient. Vous avez réussi, non sans épreuves, un brassage unique de civilisations et de cultures. Vous avez surmonté la guerre civile et maintenu un modèle constitutionnel garantissant à chaque communauté, à chaque minorité, une place et des droits. »

Gibran Khalil Gibran et Amin Maalouf
Et l'ambassadeur d'ajouter : « L'identité libanaise existe bel et bien et n'est pas que le simple agrégat de cultures communautaires distinctes. Cette identité est personnifiée par de nombreux et talentueux artistes. Lorsque Majida el-Roumi chante Biladi Ana, son pays est celui de tous les Libanais. Dans son roman Le Rocher de Tanios, Amin Maalouf défend la frêle "cathédrale humaine", chère à Saint Exupéry, que la coexistence de peuples a réussi à bâtir et à préserver. Le Libanais Amin Maalouf ne croit pas en un pays ethniquement pur, considérant que l'existence d'une nation plurielle n'est pas un problème, mais une solution. »
« Plus que tout autre, a déclaré l'ambassadeur belge, Gibran Khalil Gibran a su condenser, synthétiser la sagesse de plusieurs religions, l'essence de différentes cultures, dans un ouvrage, Le Prophète, bien sûr, au message universel. Gibran Khalil Gibran est tout à la fois le plus libanais des poètes et le plus universel des enfants du pays. À son message d'amour s'ajoute un message de libération, étonnament moderne et précurseur, plaidant pour l'émancipation du monde arabe. Un message qu'il conviendrait de relire aujourd'hui. »
L'ambassadeur de Belgique a souligné que « dans un Moyen-Orient déchiré, c'est au pays du Cèdre, mosaïque de 18 confessions, que s'exprime le mieux la notion du vivre ensemble, al-Aych el-Mouchtarak ». (...) « Nous connaissons la fragilité du pays, a-t-il ajouté. Maintes fois, la disparition du Liban a été annoncée. Chaque fois, les Libanais ont fait face et démontré leur extraordinaire résilience. Encore aujourd'hui, vous subissez le chantage des groupes terroristes. La vérité est qu'aucun de ces groupes ne témoigne le moindre respect envers la vie humaine, tuant tous ceux qui ne leur ressemblent pas, détenant des otages, humiliant leurs familles et leurs parents. Personne n'est à l'abri. Il importe donc de renforcer l'État libanais et ses institutions ».

Les femmes libanaises, actrices de changement
« Permettez-moi de vous passer un message : Vous avez un pays unique, mais fragile. Protégez-le, sauvez-le, a également déclaré l'ambassadeur belge. Notre but en tant que diplomates, en tant que représentants de la communauté internationale, n'est pas d'imposer des lignes directrices ou des politiques, mais de vous aider à les élaborer. Vous détenez les clés du Liban. Et maintenant on va où ? titre un film de la talentueuse Nadine Labaki. Ce chemin, il vous revient donc de le tracer, par un compromis national, sans ingérence étrangère. Mon pays, attaché à l'indépendance des nations, et l'ensemble de la famille européenne seront à vos côtés. L'avenir du Liban, j'en suis persuadé, s'écrira aussi au féminin. Les femmes libanaises, courageuses face à l'adversité, fortes et généreuses, seront, c'est certain, actrices de changement et de progrès. »
« La Belgique et le Liban ont beaucoup en commun, en partage, a relevé Alex Lenaerts. Citons la coexistence des communautés et une certaine complexité institutionnelle qui fait parfois sourire nos voisins. En Belgique, nous avons comme vous le sens de l'hospitalité et le goût de la fête. Je ne prétends pas pouvoir concurrencer la "Night Life" libanaise, mais je vous promets de faire de mon mieux durant ces trois ans de mission diplomatique pour démontrer notre joie de vivre. »
Et de conclure : « Je souhaite aussi remercier les amis et la communauté belges du Liban. II y a dix mois, nous étions 1 700 Belgo-Libanais et chaque semaine j'ai le plaisir de signer des actes d'attribution de la nationalité à des enfants belges nés au Liban. Le nombre est ainsi passé à 1 750 et j'invite mes compatriotes à poursuivre leurs efforts en faveur de la natalité belge au Liban. Je suis aussi fier de la communauté belgo-libanaise, de sa qualité, car elle est un modèle d'intégration dans tous les secteurs de la société : économie, culture, médecine, politique et vie sociale. »

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