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Moyen Orient et Monde - Société

Débat autour du port d’armes des militaires américains

« Les politiques de prohibition des armes dans les installations militaires ont fait des hommes et des femmes en uniforme des cibles vulnérables pour les attaques terroristes », estime le président de la commission de la Sécurité intérieure au Sénat.

Un motard fait le salut militaire au passage du convoi funéraire de l’une des victimes de la tuerie de Chattanooga, dans le Tennessee. Cinq soldats ont été abattus jeudi dernier par Mohammad Youssuf Abdulazeez, lourdement armé, dans un bureau de recrutement des marines puis dans un centre de réservistes de cette ville du sud des États-Unis. Joe Raedle / Getty Images / AFP

La mort de cinq militaires, tués jeudi dernier dans le sud des États-Unis, a généré des appels d'élus à armer les militaires américains pour qu'ils puissent mieux se défendre, une proposition jugée dangereuse voire inefficace par les experts.
Quand Mohammad Youssuf Abdulazeez s'est attaqué à un bureau de recrutement des marines puis à un centre de réservistes à Chattanooga (État du Tennessee), il a choisi des cibles « vulnérables » qui sont « très différentes des bases et des forts lourdement armés », a noté Ali Soufan, ancien agent du FBI spécialiste d'el-Qaëda. Si bien que plusieurs élus, à l'instar du turbulent candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump, ont réclamé que les soldats puissent mieux « se protéger ». « Les politiques de prohibition des armes dans les installations militaires ont fait des hommes et des femmes en uniforme des cibles vulnérables pour les attaques terroristes », a soutenu le président de la commission de la Sécurité intérieure au Sénat, Ron Johnson. Il compte déposer un texte pour y mettre fin, nommé « loi sur l'autodéfense des forces armées ».
Depuis une directive de 1992 de l'administration Bush, les militaires n'ont pas le droit de porter d'armes dans les enceintes où ils travaillent, même si certaines bases autorisent leur détention, mais à domicile ou dans une armurerie. Seuls ont le droit d'en porter les militaires chargés de la sécurité, ceux qui gardent des prisonniers, ou certains personnels « qualifiés ». Ces mesures découlent du Posse Comitatus Act de 1878, interdisant à la police locale de faire appel à des soldats pour le maintien de l'ordre. Les militaires sur le sol américain sont censés être protégés par la police, comme n'importe quel citoyen.

Pas de forteresses
Cela peut sembler un paradoxe dans un pays où les citoyens ont le droit de porter en public une arme à feu, au nom du sacro-saint deuxième amendement de la Constitution. « Nous ne pouvons pas avoir des endroits où on recrute des jeunes hommes et femmes qui ressemblent à des forteresses. Nous devons être en lien avec le peuple américain », a souligné à ce sujet un porte-parole de l'armée de terre dans le Military Times.
Ashton Carter, le secrétaire à la Défense, a promis de mieux protéger les installations militaires, mais il est resté prudent. Ce week-end, plusieurs États ont autorisé les gardes nationaux à être armés dans certains lieux. Pour sa part, Rick Brennan, analyste à la Rand Corporation, a estimé que de toute façon, « on ne peut rien faire dans une société libre qui puisse empêcher toutes les attaques ». « Même en autorisant les militaires à porter des armes à feu pour se protéger et réduire le nombre de victimes, cela ne mettra pas fin à la menace. Car la principale motivation des jihadistes c'est de gagner leur entrée au paradis dans une mort violente », a expliqué Ryan Mauro, analyste au centre de réflexion Clarion Project. « Si vous voulez arrêter les attaques, vous devez stopper les croyances qui conduisent à ces attaques », a-t-il ajouté.
(Source : AFP)

La mort de cinq militaires, tués jeudi dernier dans le sud des États-Unis, a généré des appels d'élus à armer les militaires américains pour qu'ils puissent mieux se défendre, une proposition jugée dangereuse voire inefficace par les experts.Quand Mohammad Youssuf Abdulazeez s'est attaqué à un bureau de recrutement des marines puis à un centre de réservistes à Chattanooga (État du Tennessee), il a choisi des cibles « vulnérables » qui sont « très différentes des bases et des forts lourdement armés », a noté Ali Soufan, ancien agent du FBI spécialiste d'el-Qaëda. Si bien que plusieurs élus, à l'instar du turbulent candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump, ont réclamé que les soldats puissent mieux « se protéger ». « Les politiques de prohibition des armes dans les installations...
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