L’objectif, il n’aime pas trop, mais pour son public libanais, il finit par enlever ses lunettes. Photo Anne-Marie el-Hage
La tignasse est plutôt sel que poivre mais, à 50 ans passés, le beau ténébreux n'a rien perdu de son charme et sa voix de velours est intacte. Intacte aussi, lorsqu'il se raconte, gestes à l'appui, et ponctue ses phrases d'arias venant du cœur, tantôt en italien, sa langue natale, tantôt en français, « parce que les chansons françaises sont belles aussi ».
Attablé à la terrasse de l'Hôtel Hilton Habtour lors d'une récente visite de 48 heures à Beyrouth, le ténor italien Alessandro Safina se fait déjà une joie de retrouver le public libanais le 27 juillet au Biel. Un public auquel il chantera l'amour, comme seul sait le faire l'homme à l'allure de crooner. Il a tant de choses en commun avec ce public, à commencer par son nom à consonance arabe, « qui veut dire bateau ». « Nous nous ressemblons, les Libanais et moi », dit-il tout sourire.« Outre notre morphologie, nous, les gens du sud, avons en commun le sens de l'hospitalité, note ce Sicilien d'adoption, né à Sienne. L'accueil que les Libanais me réservent est si chaleureux. Je me sens bien ici. »
Il faut dire que le ténor aime particulièrement la scène, « les concerts en live surtout ». Pour communiquer avec son public, pas besoin de paroles toutes faites. « Je ne parle pas beaucoup sur scène, mais je suis si heureux que je laisse libre cours à mes émotions », confie-t-il, en pianotant sur la table. Alors il chante des airs célèbres d'opéra, du pop revisité, des chansons d'amour et du soleil, en italien, en anglais, en français. De sa voix chaude et profonde. Et le public le lui rend bien. « Il aime et apprécie », avoue-t-il, tout en sifflotant un de ses airs favoris.
« Luna », « Sognami », « Dedicated »
C'est dans le cadre du Festival Beyrouth Holidays que se produira Alessandro Safina devant 2 500 à 3 000 personnes, accompagné d'une vingtaine de musiciens, dont 15 instruments à cordes. Au menu de la représentation d'un soir, ses grands succès bien sûr, mi-opéra, mi-pop, qu'il chante depuis toujours, les légendaires Luna et Sognami, parmi tant d'autres, mais aussi les chansons de son dernier album Dedicated, publié en 2014, Parla piu piano, Ah L'amuri, Vincero, Le Temps des cathédrales... Safina peaufine encore sa sélection de chansons françaises, histoire de faire encore plus plaisir à ses fans libanais, Aznavour peut-être ou Brel, pourquoi pas.
Lorsqu'on est tenté de lui demander pourquoi il privilégie le mélange entre l'opéra et le pop au détriment du classique, sa passion de toujours, le ténor répond le plus naturellement du monde : « J'ai fait un choix. J'ai trouvé ma voie et j'en suis heureux. » Il soutient que, dans la profession, il ne faut pas être prétentieux, mais savoir se connaître et être en paix avec soi-même. « La voix d'un chanteur d'opéra évolue au fil des ans. J'ai simplement arrêté de chanter ce que j'ai de la difficulté à chanter. C'est ce qui m'a permis de persévérer et d'être toujours sur scène à 50 ans passés, alors que d'autres n'ont pas eu cette chance », assure ce perfectionniste. C'est dans ce cadre qu'il se produit cet été à l'opéra de Gênes, dans l'opérette La Veuve joyeuse, de Franz Lehar. Alessandro Safina vient aussi de recevoir un prix d'excellence à Beyrouth lors de la cérémonie de remise des Biaf (Beirut International Awards Festival), en hommage à son parcours artistique.
Après avoir charmé Byblos en 2007 et le Casino du Liban en 2011, le ténor italien entend bien faire chavirer les cœurs beyrouthins, une nouvelle fois. Son rêve qui pourrait très bien devenir réalité ?
Partir enchanter le public américain, comme il ne finit pas d'enchanter la Russie et le Sud-Est asiatique. Avec, au menu, un nouvel album... Inchallah !
Billets en vente au Ticketing Box Office.
Attablé à la terrasse de l'Hôtel Hilton Habtour lors d'une récente visite de 48 heures à Beyrouth, le ténor italien Alessandro Safina se fait déjà une joie de retrouver le public libanais le 27 juillet au Biel. Un public auquel il chantera l'amour, comme seul sait le faire l'homme à l'allure de crooner. Il a tant de choses en commun avec ce public, à commencer par son nom à consonance arabe, « qui veut dire bateau ». « Nous nous ressemblons, les...

