Liban

La tempête orange dans un verre d’eau n’a éclaboussé que ses auteurs

L’éclairage
14/07/2015

La signature de l'accord sur le nucléaire est désormais inévitable, à en croire une source diplomatique arabe basée à Paris. Les deux camps n'ont en effet pas fait tout ce chemin pour échouer ou refuser de signer. Les préparatifs pour la période post-signature vont donc bon train. Il est déjà question des dossiers qui seront abordés par les responsables internationaux et locaux en fonction d'un agenda de priorités. Contrairement aux idées reçues selon lesquelles Téhéran sortirait ses griffes en signe de triomphe, la signature de l'accord devrait ouvrir la voie à un climat positif aidant à préserver la stabilité et le calme sur tous les fronts, et permettant par la même occasion de créer un front régional et international face à Daech, au terrorisme et au radicalisme.
Ce climat devrait se répercuter sur le Liban, après la petite tempête aouniste contre Tammam Salam, victime d'une campagne de diffamation et qualifié de « daechiste ». Le parti de Michel Aoun y a d'ailleurs beaucoup perdu, puisque la manœuvre a retourné l'opinion publique contre lui et apporté un soutien ferme à M. Salam. Même les alliés proches du général Aoun, le Hezbollah, les Marada et le Tachnag, ont critiqué les propos et le comportement du Courant patriotique libre. Le contre-effet de l'esclandre en Conseil des ministres a été une pluie de réactions contre le radicalisme et le sectarisme et une consolidation du courant modéré et partisan du vivre-ensemble au Liban. Le Hezbollah lui-même a prôné l'accalmie, le dialogue et les solutions pacifiques aux crises internes, par la voix notamment du chef de son bloc parlementaire, Mohammad Raad. Conduite par le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, la vaguelette orange a donc, de l'avis d'un ministre membre de la Rencontre consultative, laissé des séquelles sur le CPL et son chef. Une source ministérielle compare d'ailleurs l'hystérie calculée des derniers jours à celle des « faux témoins », qui avait réussi à abattre le cabinet Hariri de Rabieh, en 2011, avant de disparaître comme par magie. Mais, cette fois, les alliés locaux et régionaux n'ont pas été au rendez-vous. Au contraire, à leurs yeux, cette escalade était suspecte et n'a pas trouvé de répondant dans les milieux du 8 Mars, surtout concernant les propos de Michel Aoun relatifs au fédéralisme.
Loin de cette tempête dans un verre d'eau, les séances du Conseil des ministres devraient reprendre après le Fitr, puisque pas moins de 220 dossiers urgents attendent d'être examinés et ne sauraient patienter. Des contacts intensifs sont donc menés pour trouver une solution acceptable pour tous et qui sauverait la face de toutes les parties. Le président des Forces libanaises, Samir Geagea, a ainsi dépêché un émissaire au Grand Sérail et un autre à Rabieh pour sonder les opinions respectives en vue de mener une médiation visant à rabibocher toutes les parties et à sauver la stabilité interne. Le chef du courant du Futur, Saad Hariri, souligne de son côté sa volonté de maintenir les ponts avec Michel Aoun, en dépit de toutes les attaques menées par ce dernier. Il refuse ainsi de donner une carte supplémentaire à Téhéran et ses alliés pour rajouter aux crispations internes, à l'heure où nombre de cadres du 8 Mars ont tenté d'exploiter le dossier des nominations pour donner l'impression que le courant du Futur tente de circonscrire l'arrivée de Michel Aoun à Baabda ou celle de son genre, Chamel Roukoz, à Yarzé.
Le discours calme de Saad Hariri au Biel a surpris certains au sein du 8 Mars, qui misaient sur une escalade de sa part. Si bien que des sources au sein du 8 Mars se demandent si le calme olympien de M. Hariri n'est pas celui qui prélude en général aux grands règlements régionaux, qui englobent l'échéance présidentielle. La question n'est pas vaine, puisque, selon des sources bien informées, la présidentielle est l'une des priorités d'un nouveau dialogue régional en gestation, compte tenu de la précarité de la situation politique, sociale, économique et sécuritaire du Liban. Or un effondrement du Liban, et plus particulièrement de la formule libanaise, aurait de graves conséquences sur la région, à l'heure où d'aucuns misent sur le système consensuel comme la solution aux problèmes de la région. Il n'en est pas question et un polissage de la Constitution pour en colmater les nombreuses brèches, ainsi que l'élection d'un président civil, consensuel et non provocateur, sont désormais les principaux points à l'ordre du jour.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DE TOUS LES BAVARDAGES ET MENACES... QU'EN EST-IL SORTI ?... DU VENT !!!

Tabet Karim

Aoun et consort ont juste fait pshhhit !

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