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Moyen Orient et Monde - Justice

Matthew Lowry, la déchéance par la drogue d’un agent du FBI prometteur

Matthew Lowry, un ancien agent du FBI à l'avenir prometteur, risquait une lourde peine de prison hier, après avoir détourné une quantité de pièces à conviction pour assouvir sa dépendance à l'héroïne, provoquant la relaxe d'une trentaine de trafiquants de drogue.
« L'ironie de la situation, c'est qu'il prenait de l'héroïne pour garder la condition physique nécessaire pour continuer à traquer les principaux trafiquants de drogue », a expliqué à l'AFP son avocat Robert Bonsib. En effet, Matthew Lowry, âgé de 33 ans et père d'un garçonnet de 18 mois, souffrait d'une inflammation incurable du côlon quand il a commencé à plonger dans la dépendance aux antalgiques, puis à l'héroïne pour calmer ses douleurs chroniques. Depuis la petite enfance, ce fils de policier rêvait d'emprunter le même chemin que son père.
Trois ans après être sorti avec les honneurs de la FBI Academy, M. Lowry est affecté aux « stups » de Washington, dans une équipe d'élite qui s'efforce de démanteler les réseaux de trafic de drogue à Washington et dans sa banlieue du Maryland. Mais, pendant qu'il reçoit décorations et hommages de ses supérieurs pour ses résultats sur le terrain, Lowry vole de plus en plus de doses d'héroïne pour sa consommation personnelle. Il les prélève d'abord dans les sacs placés sous scellés au FBI, puis les confisque discrètement lors des interpellations et des perquisitions. Un cercle vicieux qui le conduit à être découvert par ses propres collègues « incohérent » et de toute évidence « sous l'influence d'une substance toxique », le 29 septembre 2014 dans un quartier déshérité de Washington, selon des documents judiciaires. Là, dans sa voiture de service en panne sèche, à la grande stupeur de ses proches, sont retrouvés des résidus d'héroïne, des enveloppes décachetées et vidées de leur contenu ou encore des munitions et des téléphones portables saisis en même temps que la drogue.

Trafiquants libérés, enquêtes refermées
« C'est une affaire unique, probablement sans précédent », a poursuivi Me Bonsib. Car l'agent du FBI « utilisait l'héroïne non pas pour se défoncer, mais pour être capable de travailler dur », explique-t-il. Et, redoublant d'efforts pour traquer les dealers, le policier a conduit, « par son comportement », à la libération des détenus. Ainsi, privées de pièces à conviction, les autorités judiciaires sont contraintes de libérer une trentaine de trafiquants et de refermer plusieurs affaires au stade de l'enquête. Les charges sont abandonnées en particulier pour 14 inculpés d'un important réseau de drogue entre la Californie et Washington, ainsi que pour 12 dealers d'héroïne et de crack en provenance de New York.
En outre, quatre narcotrafiquants condamnés à des peines allant jusqu'à cinq ans de prison réclament un non-lieu depuis que « la mauvaise conduite de Lowry a été dévoilée », révèle un document.
Renvoyé du FBI, le jeune père a plaidé coupable fin mars, accusé d'obstruction à la justice, falsification, transformation, destruction, dissimulation de pièces à conviction ainsi que de possession d'héroïne. Au total, 64 chefs d'accusations ont été retenus contre l'ancien agent lui faisant encourir un minimum de sept ans de prison.
Aujourd'hui M. Lowry, qui a suivi une cure de désintoxication, continue toutefois de voir les « drogués anonymes ». Il est « effondré par les conséquences de sa conduite », a ajouté son avocat. Son rêve d'enfant d'être policier a été « anéanti par son propre comportement ». Mais, le policier qu'il ne sera plus jamais « veut raconter son histoire », explique encore Me Bonsib. Car « il y a une histoire à relater » pour éventuellement aider d'autres personnes à lancer « le cri d'alarme » qu'il n'a pas su pousser à temps.

Chantal VALERY/AFP

Matthew Lowry, un ancien agent du FBI à l'avenir prometteur, risquait une lourde peine de prison hier, après avoir détourné une quantité de pièces à conviction pour assouvir sa dépendance à l'héroïne, provoquant la relaxe d'une trentaine de trafiquants de drogue.« L'ironie de la situation, c'est qu'il prenait de l'héroïne pour garder la condition physique nécessaire pour continuer à traquer les principaux trafiquants de drogue », a expliqué à l'AFP son avocat Robert Bonsib. En effet, Matthew Lowry, âgé de 33 ans et père d'un garçonnet de 18 mois, souffrait d'une inflammation incurable du côlon quand il a commencé à plonger dans la dépendance aux antalgiques, puis à l'héroïne pour calmer ses douleurs chroniques. Depuis la petite enfance, ce fils de policier rêvait d'emprunter le même chemin que son...
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