Tout était bizarre dans le référendum organisé par le gouvernement grec ce dimanche 5 juillet. Primo, il portait sur un programme « financement-vs-réformes » qui a cessé d'exister le 30 juin. Secundo, il n'est pas certain qu'il soit légal en Grèce de soumettre à référendum des questions de nature budgétaire. Tertio, la campagne a eu lieu alors que les banques étaient fermées, que les stations-service et les supermarchés étaient pris d'assaut par une population désireuse de stocker des produits de base, et que le pays faisait défaut vis-à-vis du FMI, ce qui est un événement rarissime. Le choix n'a pas pu se faire en toute sérénité, ce qui entache sérieusement le résultat du vote. Enfin et surtout, personne n'a répondu vraiment à la question posée. Le gouvernement Tsipras a fait de ce référendum un plébiscite pour son action, espérant avoir plus de levier dans la négociation avec ses créanciers si le « non » l'emporte. Tout le reste de l'Europe considère qu'il s'agit d'un choix pour ou contre le maintien de la Grèce dans la zone euro – même si légalement, il n'existe pas de base juridique pour qu'un pays en soit expulsé ou qu'il organise sa sécession monétaire.
Benoît Cœuré, un des membres du directoire de la BCE, déclarait ainsi le 30 juin : « La sortie de la Grèce de la zone euro, qui était un objet théorique, ne peut malheureusement plus être exclue. » La victoire du « non » est très large (61 %). Reste à savoir ce que la BCE va décider au sujet de l'ELA qui est la dernière ligne de survie du système bancaire grec.
Cet article est réalisé par Fidus


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