Le patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano (à gauche) et le président iranien Hassan Rohani. HO/AFP
Les négociations sur le nucléaire iranien avancent à petits pas à Vienne, dans le but d'un accord dans ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis douze ans.
Le ballet diplomatique devait se ralentir d'ici à la fin du week-end dans la capitale autrichienne, les deux principaux protagonistes – le secrétaire d'État américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif – y poursuivant toutefois leurs entretiens. Hier, les ténors chinois, français, allemand et britannique ainsi que la haute représentante de la diplomatie européenne Frederica Mogherini se sont succédé au palais Coburg.
Arrivé à la table des négociations hier, le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a estimé qu'il existait une « forte possibilité d'accord ». À condition toutefois que toutes les parties consentent à « faire des efforts dans le bon sens », ce qui suggère de douloureux arbitrages politiques de part et d'autre. Motif d'optimisme : la visite à Téhéran hier de Yukiya Amano, le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'autorité nucléaire des Nations unies, qui serait appelée à jouer un rôle majeur en cas d'accord, a été qualifiée d'« utile et positive » par les autorités iraniennes. Avant de partir pour Paris, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a précisé qu'il entendait retourner dans la capitale autrichienne dimanche soir, dans l'espoir d'arriver à « une solution définitive ». Mme Mogherini devrait également y être de retour à la fin du week-end.
Pas de percée
Les négociateurs se sont donné jusqu'au 7 juillet pour parvenir à un accord visant à s'assurer que le programme iranien ne puisse avoir de dimension militaire, en échange d'une levée des sanctions internationales qui frappent l'Iran. Cette date n'est cependant pas gravée dans le marbre. La conclusion des négociations, accord ou pas, peut intervenir avant ou après le 7, soulignent les protagonistes. « Nous n'y sommes pas encore », a relevé le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, se demandant si chaque partie aurait suffisamment de « courage » et de « volonté » pour arracher un compromis. « Je me dois d'espérer », a pour sa part confié aux journalistes un Mohammad Javad Zarif souriant mais circonspect. Car, comme l'a relevé le Britannique Philip Hammond, les négociateurs ne sont « pas encore arrivés » au point de faire « une percée » au sixième jour de la reprise officielle des négociations finales, et au terme de 20 mois de pourparlers soutenus.
Depuis samedi, les ministres des Affaires étrangères des pays du P 5 + 1 (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) et de l'Iran font des allers-retours dans la capitale autrichienne, à l'exception de l'Américain John Kerry qui est sur place en continu. Les discussions achoppent notamment sur la possibilité d'accès renforcé de l'AIEA à des sites suspects iraniens, notamment militaires – la « ligne rouge » à ne pas franchir pour l'ayatollah Ali Khamenei –, et la question de la possible dimension militaire passée du programme nucléaire iranien. Sur ce point, la visite de M. Amano à Téhéran a abouti à « une entente générale sur le calendrier et la poursuite de la coopération pour accélérer le règlement des questions passées », s'est félicité l'ambassadeur d'Iran auprès de l'agence, cité par l'agence de presse Irna.
(Source : AFP)

