La séance de clôture du synode de Balamand. Photo Ani
Le Saint-Synode de l'Église grecque-orthodoxe réuni sous la présidence du patriarche Jean X Yazigi, a publié samedi le communiqué final de la session qu'il a tenue à Balamand (23-26 juin), en présence des évêques grecs-orthodoxes venus des cinq continents. Une pensée particulière a été réservée à l'évêque « absent présent » Boulos Yazigi, évêque d'Alep, porté disparu en Syrie voici plus de deux ans.
La session a permis aux évêques de brosser un tableau de la situation pastorale dans leurs diocèses respectifs. Pour sa part, le patriarche Jean X a rendu compte de sa récente tournée pastorale en Syrie (Alep, Homs et Hama), ainsi que dans les deux diocèses de New York et Amérique du Nord et de Bagdad-Koweït, où deux nouveaux évêques ont été installés, Joseph Zahlaoui et Ghattas Hazim.
Le patriarche a également fait part de sa tournée d'information en Grèce, Roumanie, Russie, Arménie, à Chypre et au mont Athos, qui lui ont permis de faire part aux Églises qui s'y trouvent des épreuves vécues par les Églises sœurs au Moyen-Orient.
Au Saint-Synode, le patriarche a rendu compte également des résultats des réunions préparatoires au grand synode (de tous les patriarcats orthodoxes) qui se sont tenues à Chambéry (Suisse) entre septembre 2014 et avril 2015. À ce sujet, il a précisé que l'un des facteurs entravant la tenue du grand synode est le conflit de « territoire » qui oppose le patriarcat grec-orthodoxe d'Antioche à celui de Jérusalem, au sujet de l'Église grecque-orthodoxe au Qatar. Selon un accord de principe conclu à Athènes en juin 2013, le Qatar relève d'Antioche, ce que continue d'ignorer le patriarche de Jérusalem, qui a délégué au Qatar l'un des prêtres qui relève de son autorité pour y assumer les charges pastorales. De ce fait, le patriarcat d'Antioche a décidé, jusqu'à nouvel ordre, de rompre la communion qui le lie au patriarcat de Jérusalem, précise le communiqué, qui demande aux prêtres et diacres d'Antioche de ne plus participer à des cérémonies présidées par des prêtres ordonnés par le patriarche de Jérusalem.
Sur un autre plan, le synode a salué la création récente d'un centre orthodoxe d'information qui s'est ouvert en marge des travaux du Saint-Synode, ainsi que tous les efforts déployés au service des réfugiés et tout genre de services sociaux entrepris dans la région.
La Syrie et le Liban
Le Saint-Synode a exprimé « sa profonde douleur » pour ce qui se passe en Syrie. Il a salué la volonté des fidèles de l'Église de rester attachés à leur patrie, « en dépit des tentatives déployées pour miner les courants modérés et porter atteinte à la convivialité ». Il a exhorté les dirigeants du monde « à ne pas assister en spectateurs aux épreuves du peuple syrien et de trouver à la guerre une solution politique pacifique qui assurerait le retour à la normale et la libération des otages, et en premier les évêques Boulos Yazigi et Youhanna Ibrahim (syriaque-orthodoxe) ».
Le Saint-Synode a par ailleurs exprimé » son attachement à la démocratie libanaise et au pacte de vie commune, et a déploré « l'incapacité du Parlement libanais à se réunir pour élire un nouveau président de la République, instance régulatrice de toutes les institutions ». Les évêques ont pressé les députés « à assumer leurs responsabilités nationales et à respecter ce que leur prescrit la Constitution ». Ils ont également apporté leur appui au gouvernement et aux instances sécuritaires en souhaitant la libération de tous les militaires otages des jihadistes.
Après avoir prié pour l'Irak, le Yémen et la Palestine, les évêques membres du Saint-Synode ont réaffirmé leur volonté de vie commune avec les musulmans (...) dans l'égalité civique totale.
Enfin, le Saint-Synode a exhorté toute la société sans distinction d'appartenance religieuse à combattre la pensée jihadiste, appelant par ailleurs la communauté internationale à « travailler sérieusement » à la recherche de solutions pacifiques aux crises qui secouent l'Orient, « indépendamment des intérêts des grands ».


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