Les créations nettes d'emplois ont été de 217 000 par mois depuis le début 2015. C'est certes moins qu'en 2014 (268 000), mais, compte tenu des tendances démographiques, ce niveau reste normalement suffisant pour peser sur le taux de chômage. Celui-ci pourtant est quasi inchangé depuis décembre dernier à 5,5 %. Pour comprendre cet apparent paradoxe, il faut regarder plus en détail comment la force de travail a changé. D'un côté, le chômage de courte durée a un peu rebondi, mais de l'autre, l'amélioration s'est poursuivie pour le « chômage élargi », celui qui tient compte des personnes marginalement attachées à la force de travail et du temps partiel involontaire. Lequel de ces deux phénomènes mérite le plus d'attention ? Le rebond du chômage de courte durée ne doit pas inquiéter plus que cela. Certains secteurs, comme les secteurs extractif et, plus largement, manufacturier, ont été mis à rude épreuve dernièrement, ce qui explique environ la moitié du renversement de tendance sur les six derniers mois. Or, les indicateurs récents paraissent indiquer que cette correction est passée : le prix du pétrole s'est stabilisé après un certain rebond, les commandes de biens durables ne baissent plus et les inscriptions hebdomadaires au chômage sont à nouveau en baisse. De plus, rappelons que le chômage de court terme se rapproche de son point bas. Il est au-dessous de 4 %, soit presque le niveau atteint en haut de cycle dans les années 2006 et 2007. Il n'y a plus beaucoup de marge à la baisse de ce côté-là. À l'avenir, toute nouvelle amélioration du marché du travail se verra dans la diminution du nombre de chômeurs de longue durée et par un retour plus large sur le marché du travail des personnes découragées. Par le passé, Mme Yellen s'est souvent déclarée sensible à ces indicateurs. Leur évolution récente ne peut donc que la conforter dans l'idée que le marché du travail se porte de mieux en mieux. Il est presque normalisé. La politique monétaire, elle, ne l'est pas.
Cet article est réalisé par Fidus

